Le Niwaâd – JEAN-CHRISTOPHE CHAUMETTE

Résumé : Nashguen, un homme capable de décupler ses forces durant des transes entend un mot énigmatique dont il va chercher à percer le mystère. Sa quête va l’entraîner au-delà du Mur derrière lequel se sont réfugiés les dieux.

Les plus : La surprise qu’apporte la deuxième partie, dévoilant un nouveau thème du roman.
Les moins : La fin enchaîne beaucoup de révélations mais le phénomène est atténué par les divers indices disséminés.

En bref : Le Niwaâd est un roman qui, sous-couvert de fantasy et de science-fiction, aborde des thèmes complexes que l’on retrouve dans notre actualité. Cette critique de la société permet ainsi de pousser notre réflexion plus loin sans pour autant nous tenir la main.

Note : 4  

Mon avis :

Ce livre est l’objet d’un partenariat avec les Éditions Lokomodo qui proposent un roman. Je tiens donc à les remercier sincèrement pour cette découverte.

Le Niwaâd nous conte l’histoire de Nashguen, un homme capable de décupler ses forces par le biais de transes. C’est durant l’une de ses premières qu’il entend le mot « Niwaâd ». Ainsi débute une aventure de plus de dix ans pour ce personnage, devenu lutteur itinérant afin de glaner toutes les informations possibles sur ce mystère. Il s’agit là du squelette de l’histoire, mais également l’élément déclencheur d’un grand bouleversement.

Le roman est divisé en deux parties. La première nous expose un monde barbare où règne la misère, l’esclavagisme d’enfants, ainsi qu’une religion basée sur le Livre d’Uzmul qui donne sens au gigantesque mur d’acier qui surplombe le continent : les Dieux se seraient réfugiés derrière afin de punir les Hommes de leur orgueil. Le Clergé, chargé de faire respecter les dogmes inscrits dans leur bible, sacrifient donc chaque mois des jeunes personnes, offrandes visant à obtenir la bénédiction de ces fameux Dieux. Cette partie présentent de nombreux codes de la fantasy. Nashguen fait la rencontre de deux personnages, un griot qui a entendu le mot énigmatique de la bouche de son mentor, ainsi qu’un riche marchand appartenant à la société des Blasphémateurs qui cherche à prouver les mensonges du Clergé. Ensemble, ils suivent les différents indices pour accomplir leur quête qui pourrait changer la face du monde. L’univers du roman est très détaillé et se construit au fur et à mesure que le lecteur tourne les pages. Le moindre personnage possède une histoire, un passé plus ou moins glorieux, qui nous est raconté, et cela même s’il doit mourir prochainement. Ces détails nous permettent de mieux appréhender la mentalité environnante et contribuent grandement à la richesse du récit. Ce dernier est bonifié par la plume de Jean-Christophe Chaumette qui fait vivre son univers au fil des mots. Chaque ville, chaque paysage, chaque élément paraît réel tant les descriptions sont visuelles, ce qui peut-être perturbant lors des exécutions, des traitements infligés aux enfants et autres horreurs que l’auteur ne nous épargnent pas. Ainsi, nous assistons au déroulement des évènements, impuissants devant les injustices, en espérant le succès de Nashguen.

La deuxième partie s’apparente à la science-fiction et nous plonge dans ce domaine de manière assez brutale. Un contraste plutôt marqué mais ne laissant pas le lecteur dans l’incompréhension. Comme pour la partie précédente, l’auteur prend soin de développer l’environnement et ses particularités. Même si la découverte de ce qu’abrite l’autre côté du mur n’est pas surprenante, la façon dont l’histoire évolue l’est davantage. Il est difficile d’en parler en détails sans dévoiler des moments clefs de l’intrigue, cependant il est certain que le lecteur ne manquera pas d’être révulsé lorsque la lumière se fera sur la majorité des faits contés dans la première partie. Par ailleurs, malgré une fin à révélations, ce phénomène est atténué puisqu’il ne fait que confirmer les doutes assimilés tout au long du roman en les imbriquant les uns avec les autres. Certaines questions demeurent sans réponse, ce qui peut causer une petite frustration, mais c’est un choix plein de justesse qui permet à chacun de méditer sur sa lecture afin d’apporter soi-même la solution qui semble idéale, malgré la complexité évidente pour l’atteindre.

Finalement, Jean-Christophe Chaumette nous livre ici une histoire sombre, abordant des thèmes rudes comme le racisme, l’immigration, la religion en les poussant parfois à l’extrême. Une volonté de provocation qui peut nous paraître caricaturale, jusqu’au moment où l’on prend conscience que Le Niwaâd ne fait que se fonder sur notre réalité. Une critique aiguisée de notre société qui reste donc d’actualité bien qu’il s’agisse d’une réédition, et qui marquera sans nul doute les esprits !

Un petit mot ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.