La Trilogie de Fleurville – COMTESSE DE SÉGUR

Résumé : Sophie est une enfant qui fait énormément de bêtise contrairement à ses amies Camille et Madeleine. Nous suivons leurs aventures ponctuées de joie et de tristesse au fur et à mesure qu’elles grandissent.

Les plus : Un discours en avance sur son temps concernant l’éducation des enfants.
Les moins : L’âge des enfants ne correspondant pas vraiment à leurs actions pour un œil du XXIe siècle.

En bref : La Trilogie de Fleurville est une œuvre phare de la littérature de jeunesse qui mérite d’être lue pour les leçons qu’elle enseigne, même si certaines s’avèrent un peu rudes par rapport à la mentalité d’aujourd’hui.

Note :  

Mon avis :

La Trilogie de Fleurville de la Comtesse de Ségur comprend trois titres bien connus des petits et des plus grands. Certains les ont découvert grâce à la collection de la Bibliothèque Rose, d’autres, comme moi, grâce à l’adaptation animée de 1998. Il s’agit des Malheurs de Sophie, des Petites Filles Modèles et des Vacances.
Comme je l’ai signalé, j’ai découvert l’œuvre de la Comtesse de Ségur à travers le dessin animé.  Je suivais avec plaisir les aventures de la petite Sophie de Réan, accumulant les bêtises, mais également les malheurs. Je n’ai pas honte d’avouer avoir versé des larmes plus d’une fois durant de la deuxième partie de la série, lorsque la pauvre Sophie subit les châtiments corporels de son affreuse belle-mère. Ce dessin animé avait le don de nous faire partager les sentiments de l’héroïne, on riait avec elle, mais on pleurait également.
Ayant compris qu’il s’agissait de l’adaptation d’une œuvre littéraire, je me suis promis de la lire au moment voulu. Ainsi, j’ai dévoré la trilogie en trois soirées. Un vrai bonheur de se replonger dans les aventures des demoiselles de Réan et de Fleurville !

Le premier livre s’intitule Les Malheurs de Sophie, mais il pourrait tout aussi bien se nommer « Les Bêtises de Sophie ». En effet, ce premier tome nous conte les frasques de la petite fille, mésaventures dues à son impatience, sa gourmandise, ses colères ou encore son entêtement. On comprend aisément pourquoi il fut si facile d’adapter une série à partir de ce livre, puisque chaque chapitre représente une nouvelle idée de l’enfant, comme un petit épisode indépendant. Ainsi, nous rions du comportement de Sophie, nous compatissons tout comme son cousin Paul, et bien que nous comprenions le besoin d’apprendre à Sophie qu’elle comportement est bien ou mal, certaines punitions sont particulièrement sévères. Le récit s’arrête lorsque les familles de Réan et d’Aubert se rendent en Amérique.

Le second livre, Les Petites Filles Modèles, débute avec Camille et Madeleine de Fleurville, personnages secondaires aperçu dans le tome précédent. L’autrice nous conte cette fois la bonté et la sagesse de ces deux enfants, très vite rejointes par Marguerite de Rosbourg, fille d’une mère du même nom recueillie par Mme de Fleurville. Les lecteurs y retrouvent également Sophie, rentrée d’Amérique, mais accompagnée de sa belle-mère Mme Fichini. On apprend peu de choses sur les circonstances qui ont mené Sophie à cet état, mais on la plaint déjà beaucoup vu les traitements que lui inflige la marâtre. Sophie passe donc ses journées dans la peur et la soumission, en espérant s’échapper de cet enfer, jusqu’au jour où Mme Fichini doit effectuer un voyage en Italie et la confie à Mme de Fleurville. Cette brave femme apprendra à la pauvre enfant que le bonheur peut exister et l’aimera comme sa propre fille.

Le troisième et dernier livre, Les Vacances, nous narre la suite des aventures de Sophie et de ses amies, mais également celles de leurs cousins. En effet, profitant des vacances, les enfants se retrouveront pour s’amuser et nous faire part de nouvelles maladresses ainsi que de nouvelles leçons d’éducation. Le grand évènement est, bien sûr, le retour de Paul et du Commandant de Rosbourg qui raconteront leur périple chez les Indiens. Ce tome sera également l’occasion pour le lecteur de connaître le passé douloureux de Sophie même s’il demeure assez flou.

Que dire de cette trilogie ? Elle est tout bonnement excellente à lire, même si l’époque et le langage n’est pas le même qu’aujourd’hui. Toutefois, les tournures de phrases ou les temps utilisés ne sont pas compliqués, et constituent une lecture abordable pour les enfants. En revanche, certains éléments peuvent être assez perturbants, notamment la gestion des dialogues. En effet, certaines conversations sont rapportées à la manière du théâtre, indiquant qui parle en début de phrase, avec une petite didascalie afin de saisir immédiatement l’émotion. Pourtant, quelques paragraphes plus loin, on pourra trouver des paroles rapportées en discours direct à la manière classique d’un roman.
Concernant le contenu, un détail que l’on pourrait souligner, est que Sophie semble agir comme une enfant de sept ans plutôt que de quatre comme le sous-entend le récit, mais l’on peut se dire qu’au XIXe siècle, les enfants étaient peut-être plus murs à cet âge. Néanmoins, il est parfois difficile d’imaginer correctement les protagonistes, d’autant plus que leurs pensées et réactions semblent bien plus complexes. On peut déjà noter le langage qui est très intelligible et soutenu, mais également les loisirs plutôt risqués pour un tel âge, comme la couture.
Il faut savoir que la Comtesse de Ségur s’est largement inspirée de sa propre vie afin de nous livrer ces récits, et fut une des premières à dénoncer les châtiments corporels en guise d’éducation. À de nombreuses reprises, elle insiste sur le fait qu’un enfant battu n’en deviendra pas meilleur et sera davantage traumatisé qu’éduqué. Les bons soins de Mme de Fleurville permettent à Sophie de retrouver confiance, mais lorsque celle-ci agit mal, la punition est bien présente. Cependant, celle-ci est fondée sur le respect d’autrui et sur la compréhension plutôt que sur la violence. À ce sujet, on peut constater trois méthodes d’éducation. Mme Fichini, représente celle à ne pas suivre puisqu’elle consiste à battre l’enfant. Cette femme est par ailleurs souvent ridiculisée et dénoncée pour sa méchanceté, afin d’appuyer le propos. Mme de Réan représente l’éducation juste, mais bien trop sévère. Sophie ne semble jamais apprendre de ses bêtises, bien que sa mère la corrige sans cesse, indiquant que ses méthodes ne sont pas idéales. Mme de Fleurville, quant à elle, parvient à dompter la sauvagerie de la demoiselle, et ses propres filles sont présentées comme des exemples à suivre, les fameuses petites filles modèles. La trilogie se veut donc assez moralisatrice sur l’éducation.

Finalement, La Trilogie de Fleurville se veut aborder le thème délicat qu’est celui de l’éducation. La Comtesse de Ségur se montre à la fois conservatrice sur certains aspects, tout en étant novatrice sur d’autres. Ayant elle-même subi des châtiments corporels, elle attaque donc cette prise de position.
Ces livres demeurent des classiques à lire, cependant, il est préférable de prendre un peu de recul sur certains passages en les replaçant dans leurs contextes, car l’on y trouve tout de même des éléments qui paraissent scandaleux pour notre époque.

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