Matilda – ROALD DAHL


Titre français :
Matilda

Résumé : Matilda est un génie pour son âge, malheureusement ses parents la considèrent comme un parasite insignifiant. Bien que l’institutrice de l’école voit en elle un immense potentiel, Matilda sera confrontée à la cruauté de la directrice mais suite à une injustice, la petite fille découvrira qu’elle possède d’autres talents que son intelligence.

Les plus : La critique acerbe de notre société et la valorisation de la lecture.
Les moins : L’attitude des parents de Matilda et de la directrice de l’école.


En bref :
Matilda est certainement l’œuvre dans laquelle bon nombre de lecteurs peuvent se retrouver puisque l’héroïne est une dévoreuse de livres. Par ailleurs, le livre représente bien la société dans laquelle nous vivons, préférant s’abrutir plutôt que s’instruire.

Note : 4  

Mon avis :

Matilda nous conte l’histoire du personnage éponyme, petite fille âgée de seulement cinq ans, et ayant déjà lu de grands classiques tels que Dickens, Hemingway, Austen ou encore Kipling. Véritable dévoreuse de livres, Matilda est issue d’une famille malheureusement peu encline à ce genre de loisirs, préférant la télévision à n’importe quelle autre activité. Le père est un escroc dans la vente automobile, la mère passe ses journées au bingo ou devant des téléfilms à l’eau de rose, et le frère semble être heureux de cultiver l’idiotie environnante.
Le roman débute avec cynisme, expliquant que les parents sont tellement fiers de leur progéniture qu’ils peinent à voir les défauts de celle-ci, au point que l’auteur se délecte à imaginer plusieurs répliques cinglantes qu’il pourrait noter sur un bulletin en tant que professeur. Cependant, il précise qu’il existe une sorte de parents qui se désintéressent tellement de leur enfant que les talents de celui-ci en passe inaperçu. C’est le cas de Matilda. Elle est empreinte d’un incroyable génie, mais ses parents ne jurent que par des futilités et considèrent leur fille comme une nuisance.
Prisonnière du manque de bon sens et d’intelligence de sa famille, Matilda s’évade à travers la lecture. Loisir que ses parents ne voient pas d’un bon œil, et qui est souvent sujet de reproches, tout comme l’esprit vif de la fillette. Cependant, pour contrer les méchancetés et l’imbécilité de son père, Matilda n’aura d’autre recours que sa sagacité, mettant au point des vengeances qui ne manqueront pas de faire rire petits et grands.
La deuxième partie du roman devient plus sérieuse puisque la fillette se rend à l’école et y rencontre son institutrice, Miss Honey. Cette jeune femme de vingt trois ans est un rayon de soleil pour l’enfant puisqu’elle prend conscience de son génie et l’aide à le développer en lui faisant étudier des éléments plus avancés, malgré les objections émises par la principale, Miss Trunchbull. Cette dernière porte bien son nom puisqu’elle a la force et l’entêtement d’un taureau, tout comme la punition facile. Si elle ne se sert pas d’une matraque, elle n’en demeure pas moins aussi violente, usant d’ingéniosité dans ses châtiments de manière à ce que chaque enfant puni ne puisse être pris au sérieux par ses parents. En effet, que dirait une mère qui entend sa fille lui dire que la principale l’a attrapée par les cheveux et l’a fait tournoyer autour de sa tête avant de la lancer au loin ? C’est durant un affrontement avec cette tigresse que Matilda découvrira un pouvoir caché en elle.

Matilda a tout du conte de fées. On y retrouve une héroïne maltraitée par ses parents, qui trouve du soutien chez deux femmes croyant en ses capacités (la bibliothécaire et Miss Honey), et qui devra affronter un véritable dragon. Comme dans tous les contes, les méchants finissent par payer leurs fautes et les gentils coulent des jours heureux. Cependant, si un enfant ne verra peut-être que cet aspect du livre, un adulte pourra y observer une critique de la société encore plus aboutie que celle de George’s Marvellous medecine. En effet, le cynisme déjà présent dans le prologue est accentué notamment lors de la discussion entre Miss Honey et les parents de Matilda. Lorsque l’institutrice cherche à savoir s’ils sont au courant du don de leur fille, si le fait qu’elle puissent lire des ouvrages bien au-delà de son âge les surprend, elle obtient une réponse tout à fait édifiante :

« Now look at me, then look at you. You chose books. I chose looks. And who’s finished up the better off ? Me, of course. I’m sitting pretty in a nice house with a successful businessman and you’re left slaving away teaching a lot of nasty little children the ABC […] A girl doesn’t get a man by being brainy. »

Hélas, il suffit de voir le nombre de personnes pouvant avoir ce genre de pensées de nos jours et l’abrutissement général devant des émissions de télévision navrantes de bêtises pour constater que ce livre est toujours d’actualité. Dans un monde où lire devient une tare ou un sujet de moquerie, ce roman permettra aux plus jeunes d’avoir la vision d’un monde où l’intelligence est la meilleure arme contre l’ignorance et la stupidité. Chose dont les adultes devraient se souvenir plus souvent pour le bien de tous. Matilda est donc une lecture amusante et enrichissante pour chacun d’entre nous.

2 réflexions sur “Matilda – ROALD DAHL

    • Merci 🙂
      C’est une interprétation qui m’a sauté aux yeux au moment où j’ai remarqué qu’on pouvait assimiler les personnages à des codes bien connus des contes. Cependant, avec Roald Dahl, rien ne se passe comme prévu et c’en est d’autant plus amusant !

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