L’Assassin Royal, Tome 1 : L’Apprenti assassin – ROBIN HOBB

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Titre original : The Farseer Trilogy : Assassin’s Apprentice

Résumé : Nous suivons l’histoire de Fitz Chevalerie de ses six ans jusqu’à ses débuts en tant qu’assassin royal.

Les plus : Les magies de l’Art et du Vif.
Les moins : Le schéma archétype de la fantasy.

En bref : Ce premier tome remplit son rôle d’exposition tout en introduisant des éléments qui ne seront résolus que plus tard. Si l’histoire en elle-même n’est pas novatrice, certaines idées se démarquent et donnent envie au lecteur d’en savoir davantage.

Note : 3  

Mon avis :

J’ai toujours hésité à entamer cette saga. En effet, les échos que j’en avais étaient soit très positifs, soit le total opposé. Parmi les commentaires dévalorisants se trouvait une critique récurrente et plutôt rebutante, à savoir que le personnage principal est un insupportable geignard que l’on a envie de secouer. Ayant lu récemment un livre possédant un héros de ce genre, j’avais vraiment peur du résultat et j’avoue que c’est un peu à reculons que j’ai commencé ma lecture de L’Apprenti assassin. Qu’en est-il finalement ? Et bien je n’ai pas détesté, je n’ai pas adoré non plus, j’ai tout simplement bien aimé et puisque le deuxième tome (selon le découpage français) est à portée de main, je pense poursuivre la lecture afin de juger si la suite est prometteuse ou non.

L’Apprenti assassin nous conte l’histoire de Fitz, diminutif de FitzChevalerie Loinvoyant, bâtard du Prince Chevalerie, ce dernier étant l’ex-prétendant au trône de Castelcerf. Le livre débute lorsque le héros a six ans. Son grand-père maternel ne veut plus le nourrir et l’élever à ses frais alors que son père est un prince du royaume. Ainsi, il confie le garçon au Prince Vérité qui l’emmène à la Cité Royale. Cependant, avant même que l’enfant n’arrive à la ville, soucieux de la sécurité de son fils illégitime, Chevalerie abdique de son rang de roi-servant et laisse à Burrich le soin de s’occuper de Fitz. Plus tard, le garçon se fera accidentellement remarquer par le Roi Subtil qui décidera d’en faire un pion pour que personne ne puisse s’en servir comme arme contre sa famille. C’est de cette manière que Fitz apprendra à devenir un assassin, requérant ce savoir auprès d’Umbre.

Le premier tome du cycle est une véritable entrée en matière. On suit l’évolution de Fitz à partir de ses six ans jusqu’à ses débuts en tant qu’assassin. L’auteur prend donc son temps pour nous faire découvrir son univers. L’enfance du héros, étant plutôt malheureuse si on la considère du point de vue familial, entraîne le garçon à parcourir les rues de la ville, nous faisant découvrir l’envers du décor. Ainsi, comme pour toutes les villes médiévales, la vie est rude si l’on n’appartient pas à la famille royale. De garçon d’écurie, Fitz devient donc assassin et son train de vie change avec ses habitudes. De cette manière, les intrigues de la cour nous tendent les bras, nous indiquant qui semble être de confiance et qui pourrait être capable de coups bas.
Le parcours de Fitz permet donc au lecteur d’obtenir de nouveaux renseignement sur l’environnement du livre, notamment la terrible menace des Pirates Rouges ayant le pouvoir de rendre leurs otages comme dénués d’âme. C’est également ainsi que l’on apprend qu’il existe deux types de magie dans le récit, l’Art et le Vif.
En ce qui concerne cette dernière, très tôt, Fitz montre un don inné pour elle, lui concédant le pouvoir de ressentir toute forme de vie aux alentours, de comprendre plus ou moins les animaux, d’attirer et de repousser les autres. À l’aide de cette ancienne magie, Fitz peut également créer une connexion particulière avec un animal si celui-ci possède une place vacante dans son cœur et ainsi utiliser les sens de l’être avec lequel il se lie. Cependant, ce don est très mal vu auprès des personnes, notamment Burrich qui empêchera le garçon de l’utiliser, considérant cet acte comme souillant le sang royal qui coule dans ses veines.
Un autre personnage déteste le Vif et ses possesseurs, il s’agit de Galen, Maître de l’Art, autre magie qu’essayera d’apprendre Fitz malgré les leçons tyrannique du professeur. L’Art permet de communiquer par la force de l’esprit et d’influencer d’autres personnes. C’est pour le moins les utilisations que nous apprend le premier tome, bien qu’il soit sous-entendu que cette magie possède d’autres capacités.

L’Apprenti assassin fourmille d’idées et tient son rôle de mise en place des événements. Fitz ne fera que très peu de missions d’assassinats dans ce tome et l’on assiste davantage à ses émois et ses colères de jeune adolescent. La lecture n’en est pas pour autant un calvaire comme j’ai pu l’entendre dire puisque le garçon se plaint assez peu finalement. Bien entendu, à certains moment d’abattement il montre un certain défaitisme et s’y complaît, mais il y a plusieurs raisons qui l’expliquent et les personnages secondaires interviennent de façon à secouer le protagoniste.
Un élément assez novateur se trouve dans le choix des noms des personnages de sang royal. En effet, ces derniers obtiennent un nom désignant une vertu et l’enseignement de l’Art les associe à jamais à ce nom, les empêchant d’agir à son contraire. Un système qui peut paraître déroutant au début, mais qui aide le lecteur à situer le caractère de chaque personnage. Par ailleurs, ceux-ci se trouvent plutôt intéressants dans leurs motivations et leurs différentes facettes.
Le style d’écriture peut en rebuter certains du fait que les événements s’écoulent lentement. Le vocabulaire n’est pas spécialement riche mais n’est pas non plus désolant, cependant l’écriture n’est pas toujours fluide. En revanche, si le début s’attarde sur les faits, la fin du livre s’accélère au point que le lecteur sera certainement obligé de relire les derniers chapitres afin de saisir toutes les subtilités évoquées.
De manière générale, l’histoire en elle-même n’est pas exceptionnelle et se trouve être même l’archétype de la fantasy. Un cour royale avec ses intrigues, un être non-désiré qui devient un pion à façonner, un enfant qui possède un mentor pour le guider, l’existence de la magie, voilà bien des sujets que l’on peut retrouver dans beaucoup d’œuvres. En revanche, l’auteur parvient à apporter une touche de sensibilité qui forge la différence, attisant la curiosité du lecteur. C’est donc avec plaisir que je poursuivrai ma lecture avec le deuxième tome afin d’étendre mon avis sur la saga.

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