Le Cauchemar d’Innsmouth – H. P. LOVECRAFT

Titre original : The Shadow over Innsmouth

Résumé : Amateur de civilisation ancienne, Robert Olmstead se rend dans la ville d’Innsmouth mais ce qu’il découvre le submerge de peur et de dégoût. Sa curiosité satisfaite, il tente de retourner dans la ville voisine mais il se voit forcé de passer la nuit dans ce lieu de cauchemars.

Les plus : L’ambiance angoissante. L’évolution des pensées du narrateur.
Les moins : Le livre perd son impact s’il n’est pas lu dans des conditions propices à l’horreur.

En bref : Le livre idéal pour ces soirées secouées par un vent faisant trembler les volets, pour ces nuits si opaques que la lune peine à dévoiler sa pâleur, où le seul son d’une marche qui craque sous le poids du mystère vous fera tressaillir.

Note : 4  

Mon avis :

Ayant lu récemment Le Sacrifice des Dieux s’inspirant de la mythologie lovecraftienne, je me suis dit qu’il serait intéressant de replonger dans la source. C’est ainsi que parmi l’œuvre de l’écrivain américain, j’ai choisi de lire Le Cauchemar d’Innsmouth.

L’histoire est celle de Robert Olmstead, un amateur de civilisation ancienne, qui décide de se rendre en Nouvelle-Angleterre. Arrivé à la gare de Newburyport et attendant le train pour Arkham, il apprend l’existence d’une ligne de bus passant par la ville d’Innsmouth, une alternative qui lui semble intéressante compte tenu du prix réduit. Cependant, les habitants de Newburyport semblent fuir ce lieu décrit comme lugubre. Après une visite au musée où il y découvre des bijoux sculptés dans un métal inconnu et couverts d’étranges dessins, le jeune homme entreprend de passer par cette mystérieuse ville. Le lendemain, il embarque donc dans le bus conduit par un certain Joe Sargent. Innsmouth se révèle plus intrigante que prévu. Envahi par une odeur de poisson, le lieu était prospère, vivant d’une pêche toujours fructueuse, lorsque la guerre civile le frappa et le transforma en ce qu’il est à présent. Les autochtones peu amicaux portent ce que le narrateur appelle « le masque d’Innsmouth », leur donnant presque l’apparence de batracien et voue un culte païen à Dagon. Partagé entre le dégoût et l’intérêt, Robert se renseigne auprès de l’épicier de la ville, personne étrangère à ce lieu, qui lui apprend que le seul être pouvant le renseigner sur l’origine de cette déchéance est Zadok Allen, mais qu’il est avant tout un ivrogne dont les histoires s’avèrent surréalistes. Le narrateur parvient donc à interroger le vieil homme et son récit lui paraît surtout construit de métaphores expliquant les maux d’Innsmouth lorsque soudain, effrayé par quelque chose venant de la mer, Zadok s’enfuit, laissant le jeune homme en proie aux doutes et désireux de rejoindre Arkham au plus vite. Malheureusement, Joe Sargent lui apprend que le bus est en panne et qu’il doit passer la nuit à l’hôtel.

Lovecraft prouve une fois de plus qu’il maîtrise l’horreur. Non pas celle qui vous fait détourner le regard à cause de l’hémoglobine, mais celle qui s’insinue dans votre esprit et vous fait frissonner malgré vous.
L’ambiance de la nouvelle retranscrit parfaitement une sensation de mystère et de peur. Le lecteur imagine sans peine la petite ville portuaire qui a subi un lourd passé. Les habitants des lieux alentours chuchotent et préfèrent éviter de croiser les autochtones. Rien que cet élément nous imprègne d’un sentiment de méfiance envers Innsmouth. S’en suit la description de ses résidents, des êtres détestant les étrangers, avançant d’un pas traînant, fixant les personnes sans ciller, et possédant des caractéristiques physiques dérangeantes. Tout est fait pour inspirer le malaise et celui-ci s’accentue lors du récit de Zadok Allen. Bien entendu, nous sommes tentés de réagir comme le narrateur, usant de rationalité pour expliquer tous ces phénomènes, mais petit à petit l’insécurité grandit au fil des doutes et du dégoût ressenti par Robert. Par ailleurs, le récit étant à la première personne, nous sommes plus enclin à partager les sensations du jeune homme.
Mais là où se situe toute l’angoisse c’est dans la nuit que passe le narrateur dans Innsmouth. L’auteur semble connaître le psychisme humain à la perfection et sait jouer avec l’imagination cauchemardesque dont peut souffrir quelqu’un tenaillé par la peur. Cela débute avec des éléments classiques mais efficaces comme des inconnus cherchant à entrer de force dans la chambre où repose Robert et cela se poursuit crescendo utilisant de plus en plus les craintes inconscientes de l’Homme tel la nuit, la difformité, l’inconnu, le surnaturel… Tout en posant ces questions : À quel moment s’arrête l’imagination ? À quel endroit commence la folie ? La fin de la nouvelle est perturbante et la définition même du mot démence. Le titre, qu’il soit original ou traduit illustre parfaitement la nouvelle, car une ombre effrayante plane sur Innsmouth, tel le plus terrible des cauchemars…

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