Dracula – BRAM STOKER

Titre original : Dracula

Résumé : Jonathan Harker se rend en Transylvanie pour finaliser un contrat de vente immobilière avec le Comte Dracula. Malheureusement, le jeune homme se retrouvera prisonnier de l’aristocrate, découvrant peu à peu le monstre qu’est véritablement son geôlier.

Les plus : L’origine du mythe vampirique tel que nous le connaissons.
Les moins : Des lenteurs lors de la préparation de la chasse.

En bref : Ce livre est un classique pour toute personne s’intéressant aux créatures de la nuit et bien que le genre épistolaire puisse être rebutant, l’auteur sait garder le lecteur en haleine.

Note : 3  

Mon avis :

Voilà un grand classique de la littérature qui a inspiré notre monde littéraire pendant plus de cent ans ! Le thème du vampire existe depuis l’antiquité, le monstre apparaissant sous des formes différentes, mais Dracula est le livre qui marqua le mythe au fer rouge. Bram Stoker s’est inspiré de nombreux récits et croyances pour illustrer son roman, mais également de personnages historiques afin de créer la figure du Comte, créature charismatique dont l’influence perdure malgré son siècle d’ancienneté.

Dracula nous conte l’histoire de Jonathan Harker, jeune clerc de notaire qui se rend en Transylvanie afin de conclure une affaire de vente de maison pour le Comte Dracula. Sur son chemin, Jonathan croisera de nombreuses personnes essayant de le dissuader de poursuivre son voyage, mais le jeune homme pénètre tout de même dans la demeure du noble personnage.
Durant son séjour, Jonathan est témoin d’étrangetés donnant un caractère monstrueux à Dracula, et malgré les affabilités du Comte, le jeune homme comprend petit à petit qu’il est prisonnier et seul dans le château, ne pouvant s’échapper qu’au bon vouloir de son hôte.
Captif sans la moindre chance de communiquer son état à quiconque, le jeune clerc verra Dracula partir pour Londres à la recherche de nouvelles victimes pour étendre sa puissance. La première de ces malheureuse personne étant Lucy Westenra, amie de Wilhelmina Murray fiancée de Jonathan. Cependant, la belle Lucy est courtisée par trois hommes, dont un docteur en psychiatrie qui appellera un confrère, nommé Van Helsing, afin de la guérir des maux dont elle semble souffrir. La chasse au vampire est ouverte.

Dracula est un roman épistolaire. L’histoire nous est donc rapportée par le biais de journaux intimes, de lettres, d’articles de journaux, d’interviews et de retranscription d’enregistrement. Ainsi, nous possédons les points de vue de tous les personnages principaux excepté le Comte. C’est un style d’écriture que l’on peut très bien aimer comme on peut le détester. Dans ce livre, le choix peut s’avérer judicieux mais également bancal. D’une part, il est très intéressant de suivre les émotions de chaque personnage à travers leurs écrits, mais d’autre part il paraît artificiel que chacun note scrupuleusement chaque évènement dans son carnet. De plus, lorsque les personnages principaux se rejoignent l’intérêt d’une telle technique se perd puisque chacun vit les mêmes évènements à quelques détails près. Il est donc plus passionnant de lire les confidences des protagonistes lorsque la distance les séparent, leur regroupement conférant un petit ennui et une redondance. En revanche, il est heureux que le Comte ne soit qu’évoqué et n’offre pas de texte sous son point de vue car cela conserve l’aspect mystérieux mais également dangereux du personnage.

Concernant Dracula, son apparence et ses pouvoirs peuvent se révéler surprenant si l’on considère les représentations du vampire de ces dernières années. En effet, lors de sa première apparition, le vampire est décrit comme un vieillard possédant une longue moustache blanche, vêtu entièrement de noir, ce qui contraste avec sa pâleur extrême. Il possède un front haut et bombé, mais également un nez aquilin lui donnant un profil d’aigle, impression intensifiée avec les ongles taillés en pointe, telles des serres. Au niveau de la pilosité, ses cheveux sont absents de ses tempes mais abondants sur le reste du crâne, ses sourcils sont broussailleux et se rejoignent presque au-dessus du nez, la paume de ses mains sont parsemées poils. Bien entendu, ses dents sont pointues, en particulier ses canines, et très blanches ce qui jurent avec la rougeur de ses lèvres. Bref, d’apparence, Dracula est bien loin du beau séducteur que l’imaginaire populaire veut bien nous faire croire.
Les pouvoirs du vampire sont multiples. Il est doté de la force de vingt hommes et défie les lois de la gravité. Il peut se transformer en loup, en chauve-souris, en chien, en brouillard, et en grain de poussière dans les rayons de la lune. Il est capable de commander les chauve-souris, les loups et les rats, mais il peut également être maître du climat. Boire le sang de ses victimes le fait rajeunir, mais l’abstinence ne remet pas en cause son immortalité. Il a le pouvoir d’hypnotiser les gens, et peut particulièrement communiquer télépathiquement et contrôler les personnes qu’il a marqué de son « baiser »
Malgré cela, Dracula possède plusieurs faiblesses. Bien qu’il puisse se faufiler dans des interstices, il lui est impossible pénétrer dans une demeure sans y avoir été invité. Il est obligé de séjourner dans la terre qui l’a enterré avant son état vampirique ou bien dans la tombe d’un être vampirisé ou damné (tel les suicidés). Il ne peut traverser une eau courante ou franchir la mer qu’à marée haute ou étale. Il ne bénéficie pas de la totalité de ses pouvoirs le jour, le contraignant à se déplacer sous une forme « humaine ». Il est repoussé par l’ail, l’eau bénite, les crucifix, une hostie, et une branche de rosier sauvage posé sur son cercueil l’empêche d’en sortir. Le meilleur moyen de le neutraliser est de lui planter un pieu dans le cœur et de le décapiter. Ainsi, la tradition voulant que les vampires se réduisent en cendres au soleil fut instaurée par Nosferatu de Murnau.

Alors qu’en est-il de ce livre ? Dracula est le classique du mythe du vampire à lire pour se remémorer ce que sont ces monstres. Car oui, le Comte Dracula est dépeint comme un monstre. Il n’est pas l’éternel adolescent qui devient une boule à facettes sous le soleil, et même si j’affectionne énormément les vampires torturés psychologiquement par des questions métaphysiques dans la saga d’Anne Rice, il est bon de renouer avec les origines et de craindre cet être surnaturel buveur de sang. Ici, nul besoin de contaminer la victime avec du sang impie, à partir du moment où la personne a été marquée par le vampire, le processus est en cours et la mort sera une résurrection en tant que non-mort. Ainsi, la créature sème ses graines sur son passage pour accentuer son pouvoir et sa domination, devenant une menace grandissant et presque impossible à contrecarrer. Contrairement à ce que l’adaptation de Coppola veut nous inculquer, le Comte Dracula ne possède pas de sentiment envers quiconque ni aucun remords pour ses actions. Le vampire est présenté comme extrêmement dangereux, capable de transformer l’humanité en être de son engeance, en clair : c’est un monstre.
Les humains combattant cette entité sont plutôt attachants. Nous avons le couple Harker, les trois prétendants de Miss Lucy, le Docteur Van Helsing, et chacun possède suffisamment de courage pour faire face à ce danger. Van Helsing est sans conteste le pilier du petit groupe puisqu’il détient la connaissance nécessaire pour détruire le vampire, mais les autres personnages ne sont pas moins utiles. Il est d’ailleurs intéressant de suivre les pensées du Docteur Seward, spécialisé en psychiatrie, au sujet de son patient nommé Renfield. En effet, cet homme souffre de vampirisme clinique, c’est à dire qu’il est fasciné par le sang au point de vouloir l’ingérer, ce qui le pousse à la zoophagie. Renfield est connecté à Dracula et son comportement psychologique dépend des actes du Comte. Ainsi, le patient subit des périodes de soumission et de révoltes envers son « maître » qui offre au lecteur de véritables moments de réflexions sur l’humanité, la vie et la mort.

Finalement, Dracula est un classique indispensable pour toute personne portant un intérêt quelconque aux histoires de vampires. Le seul regret que l’on peut émettre se trouve dans le choix de narration qui impose des petites longueurs durant le regroupement des différents protagonistes. De même, l’importance de la religion et le courage imperturbable des héros peuvent paraître artificiels pour un regard moderne. Cependant, Bram Stoker sait inspirer l’angoisse avec sa vision du vampire et nous propose une chasse qui maintient le lecteur en haleine.

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