Guinevere, La Dame Blanche – JEAN-LOUIS FETJAINE


Résumé :
Guinevere de Carmelide se rend à Camelot pour être unie au roi Arthur et ainsi redonner de l’éclat au royaume des hommes. Malheureusement, son escorte est attaqué par des monstres que l’on croyait disparu depuis longtemps. Les trahisons, les complots et la discorde où la future reine semble être le point central ne peuvent que mener à la guerre.

Les plus : Les références littéraires et mythologiques.
Les moins : La fin brutale. Un secret non dévoilé.

En bref : Avec une plume simple et soignée, l’auteur nous offre un récit grandement cultivé relatant la fin de la légende arthurienne et donnant une nouvelle dimension au personnage de Guenièvre.

Note : 4  

Mon avis :

Je remercie chaleureusement les Éditions Fleuve pour ce partenariat.

Guinevere – La Dame Blanche prend place dans la fantasy arthurienne. Dans les temps anciens, la terre était partagée entre quatre peuples : les hommes, les elfes, Les nains et les monstres. Chaque espèce détenait un talisman ; ainsi la pierre de Fal revenait aux hommes, le chaudron de Dagda aux elfes, l’épée de Nudd aux nains, et la lance de Lug aux monstres. Malheureusement, cet équilibre ne fut pas maintenu et par un concours de circonstances, les hommes finirent par prendre possession de l’épée de Nudd qu’ils surnommèrent Excalibur.
Après la mort d’Uter Pendagron, le royaume des Hommes était un champ de ruines, et le dernier acte du roi mourant fut de planter Excalibur dans la pierre de Fal, pensant offrir à son espèce les deux talismans. Poussé par Merlin, Arthur, fils de l’ancien roi, put séparer les deux reliques. Le mage tenta ensuite de guider le nouveau souverain vers l’ancien équilibre, lui indiquant de renoncer à l’épée pour la confier de nouveau aux nains, mais Arthur fut convaincu par les tenants de la nouvelle religion de se lancer dans la quête du Graal, c’est à dire le chaudron appartenant aux elfes.
Aujourd’hui, l’éclat du royaume semble renaître grâce au mariage du roi et de Guinevere, fille de Leo de Grand de Carmelide. Cependant, plusieurs incidents accompagnent l’arrivée de la jeune reine, notamment la réapparition de monstres que les hommes croyaient vaincus. Les trahisons s’insinuent au sein de Camelot, la discorde engendrée menant inéluctablement à la guerre, tous ces faits portant l’ombre de Guinevere dont le véritable nom serait Gwenwyffar, et dissimulant sa véritable nature.

Jean-Louis Fetjaine est diplômé d’histoire médiévale et cela se ressent tout au long du roman. En effet, le texte est non seulement agrémenté de notes explicatives sur certains usages ou objets de l’époque, mais également de citations renvoyant à l’œuvre La Mort du Roi Arthur. Aux yeux d’un lecteur sans connaissances approfondies de la légende arthurienne, ces éléments confèrent un souffle historique au récit, mais sous un regard aguerri, ils deviennent le témoignage d’un travail précis visant à réunir des textes reconnus au sein d’une mythologie avec un univers de fantasy cohérent par rapport à cette culture. Ainsi, l’auteur nous offre une réécriture extrêmement pointilleuse si l’on considère les modifications apportées et les passages conservés afin de servir son but.
De cette manière, on peut remarquer que chaque personnage listé au début du roman appartient véritablement à la légende arthurienne, chacun agissant tel qu’il fut écrit dans les anciens textes, exceptés les détails instaurés par Fetjaine. Cependant, comme expliqué précédemment, ces différences ne jurent en aucun cas avec le matériau d’origine puisqu’elles s’inspirent tout comme lui de la mythologie celtique. Par exemple, si l’épée de Nudd et le chaudron de Dagda sont bien présents dans la légende médiévale en tant qu’Excalibur et le Saint Graal, l’auteur y ajoute les autres reliques considérées comme attributs des divinités du folklore irlandais, qui proviennent des Îles au nord du Monde et qui furent apportées par les Tuatha Dé Danann. Fetjaine reconstruit donc l’histoire en ne laissant rien au hasard ce qui rend son œuvre crédible et incroyablement riche.

Guinevere – La Dame Blanche s’intègre à la fin des cycles elfiques de l’auteur, cependant, il n’est pas nécessaire d’avoir lu les précédents tomes pour comprendre celui-ci. En effet, l’histoire s’articule autour d’évènements propres à ce récit et les éléments déroulés auparavant sont évoqués tels des souvenirs suffisamment consistants pour informer les lecteurs novices à cet univers, mais tout en demeurant légers pour ne pas ennuyer les connaisseurs.
Le livre reprend les évènements qui ont précipité la chute de Camelot et de son roi tout en accordant une dimension particulière au personnage de Guinevere. En effet, bien qu’elle soit responsable de diverses intrigues et notamment l’objet de plusieurs enlèvements, ce personnage est rarement développé psychologiquement dans la légende arthurienne, ne dévoilant donc pas ses véritables intentions. Manque que Fetjaine a plutôt bien comblé dans son roman puisqu’il confère à Guinevere un aspect mystique qui dépasse son humanité. Exprimant tantôt sa froideur, tantôt son affabilité, la célèbre reine est représentée comme une dangereuse manipulatrice, tout d’abord au service de l’ennemi, puis s’émancipant pour devenir maîtresse de son destin.
Bien que le prologue nous dessine l’aboutissement du récit, l’avenir de certains personnages demeure suffisamment flou pour conserver la tension de quelques scènes. Par ailleurs, l’auteur nous garde en haleine par le biais de son talent de conteur en nous détaillant le cheminement vers une telle catastrophe. Ainsi, ce n’est pas tant le but qui importe mais le voyage. Bien entendu, les lecteurs ayant le savoir relatif à la légende arthurienne devineront fatalement certains rebondissements à l’avance, mais l’alliance que produit Fetjaine avec la fantasy leur procurera une nouvelle version de l’histoire qui pourra sans nul doute les séduire.

Cependant, un regret se dessine autour de différents personnages. En effet, il est dommage que certaines figures importantes ne soient pas traitées davantage. On peut citer l’exemple des elfes, de Merlin, ou même Arthur qui auraient mérité de laisser plus souvent transparaître leurs pensées durant des actes phares. De surcroît, le plan de Guinevere pour accéder au pouvoir s’avère assez flou, de telle façon qu’à de nombreuses reprises on s’étonne de la voir emprunter une direction plutôt qu’une autre.
Malgré tout, ces éléments font pâle figure devant la déception qu’apporte la scène finale ainsi que sa révélation. Cette dernière est annoncée de façon brutale et sa résolution est trop simple et trop rapide pour satisfaire amplement le lecteur. Dans la même lignée, on peut évoquer les raisons de la véritable nature de Guinevere, secret détenu par son père Leo de Grand et transmis à sa fille ainsi qu’à Merlin, mais qui ne sera jamais dévoilé au grand jour, augmentant la frustration du lecteur.

Finalement, Guinevere – La Dame Blanche est un récit grandement fourni en références mythologiques qui régalera les adorateurs de ce genre. Par sa plume à la fois simple et cultivée, Jean-Louis Fetjaine nous propose une nouvelle vision de la fin de la légende arthurienne qui a le mérite d’orner élégamment le matériau original. Ce livre se révèle être une lecture à la fois agréable et instructive qui ne peut que ravir les lecteurs à la recherche de fantasy historique.

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