Les deux gredins – ROALD DAHL

Les_deux_gredins

Titre original : The Twits

Résumé : Compère et Commère Gredin sont deux horribles personnes aussi bien physiquement que mentalement qui aiment se jouer de vilains tours. Mais ils réservent également leur méchanceté aux oiseaux qui ont le malheur de s’aventurer dans leur jardin et à la famille de singe qu’ils espèrent dresser pour un numéro de cirque.

Les plus : Une histoire amusante comportant un brin de cynisme.
Les moins : Malgré le cynisme de l’histoire, le discours s’adresse davantage à un jeune public.


En bref :
Un petit livre amusant pour les plus jeunes, basé sur le mécanisme de la moquerie du trio bête/moche/méchant, mais comportant déjà suffisamment de cynisme pour les éveiller à ce style d’écriture.

Note :  

Mon avis :

Voici un livre que j’avais déjà lu étant plus jeune, mais qui ne m’avait pas autant marquée que La Potion magique de George Bouillon ou bien Sacrées Sorcières du même auteur. J’ai donc décidé de relire ce livre afin de me refaire un avis dessus.

Les deux gredins nous conte l’histoire de Compère Gredin et Commère Gredin, un couple de personnes absolument antipathiques, que ce soit physiquement ou mentalement. Un peu à la manière de Matilda, le narrateur compare des personnes du monde réel avec les personnages qu’il a créé. Ici, le livre débute sur la différence entre les barbus et les imberbes, expliquant avec soin à quel point certaines situations doivent être délicates pour quelqu’un possédant une barbe fournie, de façon à exposer le cas atypique de Compère Gredin. Le narrateur se fait donc une joie de décrire l’absence de propreté du personnage ainsi que sa méchanceté, cette dernière étant incomparable face à celle que possède Commère Gredin. Il est d’ailleurs amusant de lire que sa laideur est en réalité due à son âme dépourvue de gentillesse, le tout illustré sobrement mais justement par Quentin Blake. Roald Dahl nous offre donc la description de deux personnages impossibles à apprécier ou à prendre en pitié. Une fois ce petit préambule terminé, le roman se poursuit avec les facéties que se font les deux époux, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont imaginatifs lorsqu’il s’agit de faire du tort à autrui. Mais le nœud de l’histoire se trouve dans deux événements de la vie des anti-héros : l’élevage d’une famille de singes pour produire un numéro de cirque et le rituel de la tarte aux oiseaux du mercredi.

Les deux gredins est un livre assez cynique. En effet, les tours joués par les époux sont amusants, mais dans leur fondement, il s’agit de pure méchanceté. Ainsi, nous rions tout d’abord des deux personnages et de leurs actions, mais si nous devions croiser de telles personnes dans la réalité, notre premier réflexe ne serait pas de rire. Ainsi, nous faisons face à de tels monstres que nous espérons qu’une tragédie s’emparera d’eux. L’auteur parvient donc à faire surgir ce qu’il y a de plus mauvais en nous, nous transformant malgré nous en gredin, du moins en ce qui concerne la mentalité. Bien entendu, un enfant ne sera pas conscient de cela et pour lui, ce sera un véritable amusement de rire du malheur et de la méchanceté de ces deux personnages, mais si le lecteur possède le recul nécessaire, il pourra être gêné d’avoir agi intérieurement comme ces deux êtres qu’il déteste.

Le livre est très court. Le lecteur assiste à quelques farces, puis le narrateur enchaîne les événements qui conduiront à la punition des abominables époux. Si un enfant pourra y trouver son compte, il sera plus difficile pour un adulte d’être satisfait, laissant un petit goût d’inachevé tant la conclusion tombe comme un couperet. Ce qui est un peu regrettable puisque le dénouement fait preuve d’intelligence en retournant la cruauté des personnages contre eux, tout comme les enfants insupportables de Charlie et la Chocolaterie subissaient leurs propres vices. En revanche, Les deux gredins offre une morale plutôt plaisante, incitant les enfants à se conduire proprement et gentiment pour ne pas se transformer en vieillard acariâtre.

Finalement, Les deux gredins est un petit livre amusant pour les plus jeunes, basé sur le mécanisme de la moquerie du trio bête/moche/méchant, mais comportant déjà suffisamment de cynisme pour les éveiller à ce style d’écriture. Un roman donc, qui s’adresse aux enfants, mais qui possède déjà la patte adulte de Roald Dahl. Une bonne entrée en matière avant d’attaquer des romans plus satiriques comme Matilda.

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