Chat perdu – JEAN-NOËL BLANC

Résumé : Rodrigue et sa famille sont de retour de vacances. Encore sur la route, ils s’arrêtent dans une forêt pour pique-niquer. Malheureusement, ils y oublient leur chat, Balthazar.

Les plus : La représentation de l’amour entre un chat et son maître. La sensibilisation au problème de l’abandon.
Les moins : Les clichés sur le félin. La réaction des parents.

En bref : Malgré son message, le livre survole trop la gravité que représente l’abandon d’un animal.

Note : 2  

 

Mon avis :

J’ai longuement hésité à critiquer ce livre. Je l’ai lu à la mi-juillet, c’est dire à quel point j’ai hésité. Cependant, ce livre aborde des sujets qui me tiennent trop à cœur pour que je passe à côté.

L’histoire est très simple et pourtant très commune lorsque arrive l’été. Rodrigue et sa famille rentrent de vacances. Alors qu’ils sont sur la route, ils décident de s’arrêter dans une forêt afin d’y pique-niquer. Pour l’occasion, Rodrigue sort le panier de son chat, Balthazar afin qu’il profite un peu de l’air frais. Le petit groupe repart, mais Rodrigue se rend compte avec effroi qu’ils ont oublié Balthazar. Ils font demi-tour, mais le chat n’est plus dans son panier. Après quelques minutes de recherche, les parents considèrent qu’il est inutile de continuer et décident de repartir.

Le récit se présente sous deux points de vue. Nous alternons entre le point de vue du chat et celui de ses maîtres. L’auteur profite d’ailleurs de ce changement pour changer le mode de narration. Ainsi, les aventures de Balthazar nous sont contées à la première personne, tandis que les maîtres évoluent via la troisième personne. Un choix qui n’est pas anodin puisque avec ce procédé, le lecteur ressent davantage l’abandon que peut ressentir l’animal et ainsi observer le détachement qu’en éprouve la famille, car même si les formes sont quelque peu différentes, cette histoire n’en demeure pas moins un abandon.

Cependant, il est regrettable qu’avec un tel sujet propice à la prise de conscience, Jean-Noël Blanc accumule certains clichés, notamment sur le caractère du félin. En effet, le chat est présenté comme arrogant, s’appelant lui-même « Je », et souvent méprisant envers les humains. Bien entendu, un chat demeure plus indépendant qu’un chien et sera bien moins soumis que lui, mais interpréter cela comme du mépris et de l’arrogance relève de l’anthropomorphisme. Si le propos possédait une base comique comme on pourrait la trouver dans Journal d’un chat assassin d’Anne Fine, une telle image du chat serait amusante. Malheureusement, Chat perdu nous offre un arrière-plan bien plus sombre, détruisant la vie et la confiance de plusieurs animaux quand vient l’été pour prendre cette représentation à la légère.
Bien heureusement, ce caractère est contre-balancé par l’énergie que prodigue le félin pour retrouver son maître, Rodrigue. Le lecteur suivra donc ses aventures, vivant chacune de ses souffrances. La forêt inhospitalière, le manque de nourriture, l’attaque d’autres animaux ainsi que d’autres êtres humains, voilà les épreuves que peut subir un chat domestique loin de son territoire.

Du côté des maîtres, l’auteur retranscrit avec justesse ce que peut provoquer une telle situation. En effet, Rodrigue conserve encore l’espoir de revoir son animal de compagnie et ne parvient donc pas à se défaire de son image, tandis que ses parents aimeraient qu’il fasse son deuil comme sa sœur. Le message derrière ces différentes réactions est à la fois touchant et révoltant.
D’une part, nous suivons le mal-être qui s’empare de Rodrigue. La tristesse de l’enfant est un beau discours sur le lien puissant qui peut exister entre un animal et son maître. En effet, Balthazar n’était pas un simple chat pour Rodrigue, mais bel et bien un ami. Ainsi, il tente de combler ce vide tout en honorant la mémoire de Balthazar.
D’autre part, nous suivons l’incompréhension des parents. Ils ne parviennent pas à comprendre cet amour qui liait les deux protagonistes, considérant cette perte comme un simple chagrin d’enfant. Ils tentent donc de consoler maladroitement et cruellement, leur fils. En effet, proposer de remplacer le chat perdu par un autre semblable est d’une grande indélicatesse, prouvant que pour eux, un chat n’est qu’un bien remplaçable.

Chat perdu est un livre très court, mais possédant un message très fort, ainsi, il est dommage que la fin ne soit pas à la hauteur. Laissant un goût d’inachevé dans la bouche, elle peut être interprétée de façons différentes, l’une d’entre elles étant que le cœur humain cicatrise et se permet d’oublier plus facilement que celui d’un animal domestique.
Il m’est difficile de juger objectivement ce livre. Je suis bien trop sensible à la souffrance que provoque l’abandon animal. Cependant, je trouve que Jean-Noël Blanc ne va pas assez au fond des choses. Bien que l’enfant soit le seul être humain à vraiment prendre conscience de l’importance de la vie animale, il aurait été également agréable de voir les parents réviser leur jugement plutôt que se conforter dans leur égoïsme. Présenté ainsi, il semble tout à fait normal que des adultes ne ressentent aucun attachement à un animal, comme si ce sentiment était réservé à l’enfant.

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