Les Soupirs de Londres, Tome 2 : Le Sang d’Hécate – AMBRE DUBOIS

Résumé : Dans ce nouveau roman, Stella Hunyadi est chargée d’enquêter sur le mystérieux vol d’une statuette au musée. Le mode opératoire ressemble étrangement à celui de son ancien ennemi.

Les plus : La plume de l’autrice. Les différentes facettes des vampires.
Les moins : L’enquête assez prévisible. Des répétitions dans les descriptions.

En bref : Un roman qui, malgré ses défauts, s’avère agréable à lire tant ses personnages sont attachants et charment le lecteur.

Note :  

Mon avis :

Londres, XIXe siècle, après la fuite de Rafael de Mortepierre résultant de sa confrontation avec la communauté vampirique, les Immortels sont à la recherche de ce docteur représentant un danger. Le Prince Rodrigue soupçonne que cet ennemi se cache en France et reçoit justement Surach, un émissaire du Prince de Paris. Surach est un vampire très ancien, aussi bien au niveau de ses pouvoirs que de sa mentalité et semble plutôt intéressé par les travaux de Rafael. La tension est palpable au sein de la communauté, et Rodrigue désire prouver son autorité et sa puissance, craignant de subir une mutinerie lui faisant perdre sa place.
Pendant ce temps, une statuette a été dérobée au musée d’Histoire Antique, le gardien ayant été tué dans le processus. Curieusement, le mode opératoire rappelle les agissements de Rafael de Mortepierre, faisant passer ses crimes pour ceux d’un vampire. L’héroïne, Stella Hunyadi, est chargée d’enquêter sur ce vol, mais les événements semblent plus complexes que prévu. La sorcière est victime de cauchemars et de visions sur l’avenir de sa communauté, et Céleste a été empoisonnée.

Le Sang d’Hécate fait suite au premier tome de la tétralogie des Soupirs de Londres, Le Manoir des Immortels. On y retrouve la communauté de vampires ainsi que l’héroïne, Stella Hunyadi, à qui l’on confie une fois de plus une enquête policière.
Tout comme le tome précédent, l’histoire s’avère indépendante malgré la présence d’une suite. Des mystères demeurent, mais la conclusion est telle qu’elle n’offre pas de fin trop ouverte. En revanche, il est préférable d’avoir lu le premier tome afin de comprendre entièrement certains éléments qui lui font écho. Cependant, Ambre Dubois prend tout de même soin de remémorer brièvement les aventures du premier, ce qui permet de rafraîchir la mémoire des lecteurs ayant effectué une pause entre les deux livres. Ces rappels sont suffisamment détaillés, mais ne sont pas suffisant pour quiconque prendrait la série en cours de route, car il y manque tout de même des données à l’apparence anodine, mais ayant leur importance. Néanmoins, bien que ces évocations soient utiles, elles pourraient agacer les lecteurs enchaînant les deux tomes et possédant toutes les cartes en mains.

C’est en plein hiver que se déroulent les événements de ce roman. Un choix plutôt judicieux compte tenu des protagonistes puisque les nuits sont plus longues et le soleil moins puissant. De même, le froid ambiant permet d’amorcer des scènes qui ont l’air assez quelconque, notamment l’échange de sang vampirique entre Corwin et Stella afin de réchauffer cette dernière, mais qui auront un impact sur le développement de l’histoire. Et c’est là toute la base de ce livre. De nombreux indices sont disposés au fur et à mesure, mais de telle sorte à donner l’impression d’une construction au lecteur. Celui-ci croit donc avoir affaire à des banalités permettant d’apporter de la vie et du crédit au contexte, alors qu’elles auront des conséquences plus tard dans le récit.
Des petites surprises qui ne sont pas un mal puisque Le Sang d’Hécate souffre du même problème que Le Manoir des Immortels. En effet, bien que l’autrice brouille les pistes, l’enquête est plutôt prévisible. Bien entendu, il est difficile de deviner tous les desseins du coupable, mais son identité est clairement et rapidement identifiable, d’autant plus que l’insistance de l’héroïne pour accuser la mauvaise personne sonne faux. Ainsi, il est dommage de voir se déployer tant d’efforts inutiles pour cacher cette révélation jusqu’au dernier moment, alors que d’autres éléments sont bien plus approfondis comme par exemple l’origine de la statuette, provoquant un déséquilibre regrettable.

Concernant les personnages, c’est avec plaisir que nous voyons leur évolution et que nous en apprenons davantage sur eux. Eva, l’âme dévouée de Rodrigue, conserve un aspect mystérieux compte tenu de ce lien, mais le lecteur obtient un peu plus de renseignements sur ce sujet. De même, bien que Céleste soit dans un état l’empêchant d’en dévoiler un peu plus sur sa personne, c’est par le biais de Drake que le lecteur voit sa curiosité satisfaite puisque les deux vampires entretiennent une relation charnelle. Le voile pesant sur les intentions de Rodrigue ne se lève pas, au contraire, il s’épaissit puisque le Prince agit de façon imprévisible, mais cela permet également de lui découvrir d’autres facettes possibles. Corwin est sans nul doute le personnage ayant une évolution plus marquée. En effet, suite aux événements du premier tome, le jeune vampire est profondément marqué et subit une douleur mentale, sans compter son apprentissage en tant qu’Immortel. Enfin, Stella nous laisse s’introduire un peu plus dans son passé au fil de l’aventure puisque la narration se fait sous son point de vue.

Le développement de l’histoire se fait avec fluidité. Nous suivons pas à pas l’enquête de Stella et malgré le défaut évoqué précédemment, Ambre Dubois parvient à imbriquer ce deuxième opus dans la continuité du premier. Rafael de Mortepierre est bien entendu la clef, et il ne serait pas étonnant de voir que ses travaux soient le fil conducteur de la tétralogie.
Une fois de plus, l’alliance du vampirisme et de la magie est tout à fait délectable, la sorcellerie prenant une place encore plus importante dans ce roman tout en évitant d’être superflue. L’autrice continue de nous offrir une vision à la fois violente et séductrice du vampire, ponctuant son roman de scènes érotiques appuyant sur l’aspect séducteur de la créature de la nuit et ne tombant jamais dans la vulgarité puisque le résultat est sublimé par la plume d’Ambre Dubois.

La narration est à la première personne, permettant de suivre les pensées et les émotions de l’héroïne. Cependant, compte tenu du contexte historique, le langage employé est un peu plus soutenu, ce qui ancre définitivement l’histoire dans son époque. Ainsi, il est regrettable de voir quelques coquilles comme des erreurs de conjugaisons ou bien des répétitions dans les descriptions – les vêtements mettant sans cesse en valeur une personne, par exemple – qui ternissent le style d’écriture pourtant agréable de l’autrice.

Finalement, malgré ses petits défauts, Le Sang d’Hécate est une bonne suite et un bon divertissement. Bien que l’aspect policier soit une fois de plus assez simpliste, l’histoire est toujours aussi agréable à suivre grâce à ses personnages. Ainsi, la curiosité s’empare à nouveau du lecteur qui ne rechignera pas à se plonger dans la suite des aventures de Stella Hunyadi.

Un petit mot ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.