James et la Pêche Géante – HENRY SELICK

Titre original : James and the Giant Peach

Résumé : Orphelin depuis que ses parents furent écrasés par un mystérieux rhinocéros venant du ciel, James vit un véritable enfer chez ses deux tantes. Un jour, grâce à un procédé miraculeux, le vieux pêcher produit un fruit géant. James parvient à s’introduire à l’intérieur de cette immense pêche, débutant ainsi une incroyable aventure.

Les plus : Les changements judicieux.
Les moins : L’aspect un peu vieilli lors de certains passages.

En bref : Une adaptation à la fois fidèle et audacieuse qui exploite avec brio l’animation en stop-motion.

Note :

Critique de l’œuvre littéraire ici
 

Mon avis :

James et la Pêche Géante est une adaptation du roman de Roald Dahl intitulé James et la Grosse Pêche en français, mais avant toute chose, il est bon de résumer brièvement l’histoire.

Le héros est un enfant, James Henry Trotter, orphelin depuis que ses parents furent tués par un rhinocéros. Recueilli par ses tantes Éponge et Piquette, James est profondément malheureux. Exploité, il est en quelque sorte une Cendrillon au masculin.
Un jour, le petit garçon rencontre un vieil homme, qui lui donne un sac rempli de petites choses frétillantes et d’un ver luisant. James apprend qu’il s’agit de langues de crocodiles, et qu’il doit accomplir un certain rituel pour qu’elles lui apportent le bonheur. Cependant, en se précipitant pour rentrer, l’enfant trébuche et répand les langues au pied d’un vieux pêcher.
Le lendemain, la magie a opéré, et une immense pêche trône dans l’arbre. Tante Éponge et Tante Piquette voient ainsi un moyen de s’enrichir en faisant payer les visiteurs curieux d’observer un tel phénomène. Un soir, alors qu’il devait ramasser les déchets, James découvre un trou dans la pêche et s’introduit à l’intérieur. Il y rencontre des insectes géants, transformés par la magie des langues de crocodiles. Au bout de quelques circonstances, le petit groupe part dans une fabuleuse aventure avec pour moyen de locomotion, la pêche géante.

L’adaptation fut réalisée en 1996, par Henry Selick, connu pour avoir réalisé Coraline, mais également L’Étrange Noël de Monsieur Jack, que tout le monde attribue faussement à Tim Burton qui n’en est que le producteur. Par ailleurs, un petit clin d’œil fait d’ailleurs référence à ce dernier film durant le long-métrage dont nous parlons.
James et la Pêche Géante se distingue dans le fait que certaines parties s’avèrent filmées comme le sont la majorité des productions, tandis que d’autres utilisent la technique du stop motion. Cette différence permet de séparer ce qui appartient à la magie, de la réalité. Ainsi, les insectes géants sont toujours représentés avec cette technique, tandis que James sera tour à tour un enfant de chair et d’os, et un être animé à la manière de ces insectes.
C’est ce mélange qui offre un certain charme à l’adaptation, et qui parvient à transposer l’esprit de l’œuvre avec brio, malgré certains aspects un peu vieillis.

James et la Pêche Géante possède quelques différences avec le roman original, mais les choix sont justifiables et permettent d’établir une nouvelle approche.
Par exemple, la découverte du trou dans la pêche se fait alors que James brise un interdit. Seul, à effectuer un travail pénible, ses tantes lui ont formellement défendu de toucher à leur pêche. La tentation est trop forte lorsque l’enfant décide de sentir le parfum du fruit. Il décide donc d’en manger un petit morceau, dans lequel vient se nicher une langue magique, élément qui permet d’expliquer la transformation de James en un être animé en stop motion. Ce choix demeure pertinent puisqu’il est le premier pas du petit garçon vers l’affranchissement de ses autorités malveillantes que sont ses tantes.

Cette idée se retrouve dans un changement majeur. Lorsque la pêche se détache de l’arbre, les deux mégères meurent écrasées dans le livre. On peut donc voir leur méchanceté et leur avarice châtiée, mais le film introduit une notion bien plus importante. Éponge et Piquette ne meurent pas à cet instant, mais finissent par rejoindre James à la fin de son périple, bien que leur voyage paraisse extraordinaire. Cependant, plutôt que de leur obéir, l’enfant a mûri et appris à ne plus fuir devant ces deux monstres qui font régulièrement des apparitions dans ses cauchemars. Ainsi, il les affrontent, accomplissant définitivement cette libération déjà entamée en bravant un interdit.

Parmi les autres changements, on peut noter l’absence des hommes-nuages, remplacés par une séquence avec des pirates dans une épave, ou encore la suppression du ver à soie. Cependant, loin de trahir le récit, ces choix permettent, d’une part, d’alléger le nombre de personnages pour éviter une possible inutilité, et d’autre part, de conserver un esprit d’aventure. De plus, cette nouvelle séquence permet de faire évoluer les autres personnages.
En effet, le roman présente les insectes comme absolument dépendants de l’enfant, passant leur temps à se plaindre dès qu’un problème s’installe. L’adaptation leur ajoute donc une dimension plus profonde, les faisant apprendre de leurs erreurs, et évoluer tout comme James.

Enfin, l’image du rhinocéros a été complètement remaniée. Le roman ne laisse aucun doute sur le fait que cet animal est tout ce qu’il y a de plus banal puisqu’il est dit qu’il s’est échappé d’un zoo, mais le rhinocéros du film s’avère un peu plus subtil. Il est représenté comme une forme se dégageant d’un immense nuage sombre et gorgé d’éclairs. Ainsi, à la fin de leur périple, les personnages rencontrent ce terrible animal alors que la pêche volent dans les cieux. C’est l’occasion pour James de faire preuve de courage, de protéger ses nouveaux amis, d’engager la suite de son futur affranchissement, mais également de surmonter le deuil de la mort de ses parents. Une belle métaphore de l’évolution personnelle, mais ce choix se trouve d’autant plus judicieux qu’une adaptation fidèle de la fin du voyage aurait risqué de virulentes critiques. Roald Dahl fait s’échouer la pêche à New-York sous les feux de l’armée, car les habitants croyaient à une attaque, tandis que dans le film d’Henry Selick, c’est ce fameux rhinocéros qui fait tomber la pêche dans la ville. Ainsi, en évitant de vexer le public américain en le présentant comme paranoïaque, le réalisateur propose une version qui fait sens avec le parcours du personnage de James.

Finalement, James et la Pêche Géante est une très bonne adaptation. Par ailleurs, contrairement au roman qui vise essentiellement les plus jeunes, le film peut également plaire aux adultes. Les enfants s’émerveilleront des chansons, de l’aventure, mais si les plus vieux en veulent un peu plus, ils pourront y voir des messages plutôt matures.
Il s’agit d’une adaptation à regarder au moins une fois, pour le rêve qu’elle procure, pour les messages qu’elle divulgue, et pour sa réalisation très soignée.

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