La Saison des orages – ANDRZEJ SAPKOWSKI

Titre original : Sezon burz

Résumé : Quelqu’un a dérobé les épées du sorceleur tandis qu’il s’arrêtait dans la ville de Kerack. Alors qu’il part à la recherche du voleur, Geralt se trouve mêlé à de nombreuses intrigues.

Les plus : L’intégration de cette histoire isolée dans la saga. Les scènes d’actions bien décrites.
Les moins : L’aspect décousu du roman. Le manque de finesse dans la construction et l’humour.

En bref : Malgré une bonne reprise des personnages et le bon divertissement qu’il offre, le roman possède un parcours chaotique assez déstabilisant qui nous empêche de l’apprécier pleinement.

Note :  

Mon avis :

De passage à Kerack, Geralt se voit contraint de déposer ses précieuses épées auprès des gardes avant d’entrer dans la cité. Malheureusement, son séjour n’est pas de tout repos puisqu’il se voit condamné pour fraude fiscale. Une fois le malentendu dissipé, il découvre que quelqu’un a volé ses armes. Une malchance qui s’acharne sur le pauvre sorceleur, ce dernier se retrouvant mêlé à des intrigues politiques, des affaires de magiciens peu scrupuleux et des créatures dangereuses.

La Saison des orages est un roman isolé se déroulant dans l’univers du sorceleur, imaginé par Andrzej Sapkowski. Quatorze ans après la fin de sa série, l’auteur y revient pour nous offrir une aventure de Geralt, tout en l’incluant dans la chronologie déjà existante. Ainsi, bien que le livre laisse à penser qu’il puisse être lu de manière indépendante, Andrzej Sapkowski glisse de nombreuses références à sa saga qui demeureraient trop obscures à quiconque ne l’ayant pas lue. On peut noter par exemple la présence de Nimue qui semblerait totalement hors de propos aux néophytes. Toutefois, si ces derniers risquent de se sentir quelque peu perdu, les initiés se régaleront des nombreux clins d’œil et du soin apporté pour intégrer cette histoire dans une fresque déjà assez complète.

Cette aventure se déroule peu avant la nouvelle Le Sorceleur présente dans Le Dernier Vœu. Cependant, La Saison des orages ne parvient pas tout à fait à recréer le charme des recueils de nouvelles ou des romans parus auparavant. Andrzej Sapkowski continue de nous offrir un personnage principal aux réflexions intéressantes tout en se rappelant qu’il n’a pas encore vécu les événements de la saga. Ainsi, nous retrouvons un Geralt mal à l’aise avec ses relations amoureuses, ayant déjà fui Yennefer, mais également assez cynique et bourru, malgré une once de naïveté. Nous retrouvons également de belles scènes d’action où Geralt redouble d’ingéniosité pour vaincre ses ennemis. Toutefois, certains éléments viennent assombrir le tableau, empêchant de savourer pleinement le roman.

L’auteur continue d’adopter un style efficace et ponctué d’humour, où l’on trouve des réflexions intelligentes sur la nature humaine, la politique, ou dans un registre plus léger, sur l’hypocrisie des gens. Malheureusement, ce roman verse également dans un humour un peu plus grossier, notamment avec la garnison féminine de Kerack décrite comme vulgaire et prise de flatulences, ce qui donne une certaine lourdeur au texte.
En outre, le cheminement de Geralt apparaît comme terriblement décousu. Le sorceleur semble véritablement contrit d’avoir perdu ses précieuses épées, pourtant, il passera plusieurs jours de débauche en compagnie de la magicienne Corail, acceptera de travailler pour des magiciens malgré le danger prévisible et leur manipulation, s’engagera comme protecteur d’un navire et se mêlera à un conflit politique. La perte des armes devient donc un fil conducteur menant le protagoniste dans plusieurs lieux, chaque événement étant décrit comme un concours de malchance.
Cette construction possède tout de même un aspect intéressant, prouvant à quel point la vie d’un sorceleur peut être chaotique et combien de bonnes épées sont extrêmement importantes pour exercer un tel métier. Tout ces événements montrent également les liens étroits que Geralt a développé avec les personnes pratiquant la magie et la politique, malgré son désir d’en rester éloigné. Tout ceci incite à penser à une certaine fatalité, surtout lorsque l’on pense à ce que va accomplir le sorceleur. Néanmoins, l’écriture en obtient des reflets un peu trop chaotiques pour être appréciée à sa juste valeur.
Les choix du sorceleur donnent l’impression d’être effectués de manière inconsidérée, ce qui insinue une sensation d’incohérence, aussi bien au niveau du personnage que de l’histoire. Celle-ci possède des facilités assez déconcertantes. On peut noter le fait que Geralt soit sollicité par bien trop de personnes au même moment, et ce, dans une situation peu favorable, ou encore la disposition des intrigues. En effet, elles sont entamées une à une sans être tout de suite résolues, incluant un sentiment d’inachevé ou du moins de trop grande dispersion. Bien entendu, la fin s’arrange pour tout conclure, mais il y demeure un goût amer, notamment sur la façon dont le sorceleur retrouve ses armes qui donne l’impression d’un deus ex machina.
Par ailleurs, à l’instar des romans de la saga, La Saison des orages porte un titre significatif. Néanmoins, les raisons paraissent assez surfaites. Ces fameux orages peuvent représenter la période de trouble qu’éprouve le protagonistes, ainsi que les autres personnages subissant des conflits internes à leur groupe, mais l’auteur ne put s’empêcher d’ajouter une scène de tempête assez titanesque comme s’il se sentait obligé de justifier plus amplement son titre. Malheureusement, bien que décrivant parfaitement le désastre d’une telle catastrophe, cet événement arrive de façon totalement impromptue, le temps se modifiant en une fraction de seconde. Le seul point positif demeure que cette scène permet de développer davantage certains personnages.

Finalement, La Saison des orages est un roman en demi-teinte. L’aventure est intéressante à suivre, c’est un plaisir de retrouver les personnages dans un temps qui se déroule avant les gros événements de la saga, mais une pointe de déception est présente, car ce livre n’est pas à la hauteur des précédents. Toutefois, on peut noter toute l’astuce d’Andrzej Sapkowski qui a réussi à intégrer ce roman isolé sans que le lecteur ressente de la gêne.
Petite mention pour l’exploitation de la mythologie asiatique avec le monstre attaquant le bateau dans les marais. Cela apporte une nouvelle touche très sympathique tout en se mêlant parfaitement à l’univers.

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