Pride and Prejudice – ROBERT Z. LEONARD

Résumé : Un riche célibataire, Mr Bingley, fait l’acquisition du domaine de Netherfield. C’est l’occasion pour Mrs Bennet d’essayer de marier une de ses cinq filles qui risquent de se retrouver à la rue. Si le jeune homme se révèle d’une grande gentillesse et semble être attiré par l’aînée des cinq sœurs, Jane, ce n’est pas le cas de son ami, Mr Darcy, qui se montre hautain et heurte l’amour-propre d’Elizabeth.

Les plus : L’humour présent. Certaines scènes ajoutées bien pensées.
Les moins : La trahison de certains personnages. Un aspect trop théâtral.

En bref : Une adaptation qui simplifie grandement l’intrigue tout en apportant une touche hollywoodienne qui ne sied pas vraiment à l’histoire d’origine.

Note :

Critique de l’œuvre littéraire ici
 

Mon avis :

Si Orgueil et Préjugés fut souvent l’objet d’adaptations télévisuelles, l’œuvre fit rarement ses pas au cinéma. Si le film de Joe Wright proposa une vision romantique de l’histoire, Robert Z. Leonard fut le premier à retranscrire le roman sur grand écran (à savoir qu’il existe également une version moderne réalisée en 2003).

L’histoire est suffisamment célèbre pour ne pas la rappeler de nouveau alors penchons-nous sur le cœur du sujet. Que vaut cette adaptation ? Curieusement, elle est plutôt en demi-teinte, ne sachant pas vraiment choisir entre fidélité et réinterprétation hollywoodienne.

En effet, le film suit relativement bien l’intrigue de base malgré la nécessité de la rétrécir afin de la faire tenir en deux heures. De cette façon, plusieurs bals sont regroupés en un seul et l’on ne voit jamais le domaine de Pemberley. Cependant, certaines scènes sont reproduites fidèlement comme, par exemple, celle où Elizabeth passe une soirée à Netherfield à lire et parcourir la pièce avec Caroline Bingley, dialogues taquins envers Mr Darcy inclus. Néanmoins, il apparaît rapidement que les nombreux changements effectués ont surtout le but de modeler l’histoire à l’américaine.

L’exemple flagrant se trouve être la vision de la famille. Les Bennet sont assez divisés par leurs caractères, même si l’on peut noter des rapprochements en fonction des affinités. Ainsi, Elizabeth est souvent mal à l’aise à cause des propos de sa mère, et parfois par le comportement de son père
Le film de Robert Z. Leonard nous montre au contraire une famille soudée, partageant les mêmes objectifs. Ainsi, la ruse de Mrs Bennet, consistant à envoyer son aînée à cheval sous la pluie pour qu’elle soit malade et reste plus longuement à Netherfield, est approuvée par Jane. Elizabeth défend avec acharnement sa famille et ne semble être gênée qu’une seule fois par l’attitude de ses proches. De même, Mr Bennet qui ne devrait pourtant pas tant s’intéresser aux mariages de ses filles, se réjouit de voir chaque couple se former.

Par ailleurs, certains changements sont appliqués afin de transformer l’histoire en un véritable vaudeville, bien loin de la finesse et de l’ironie de Jane Austen.
Le ridicule est souvent accentué que ce soit par le jeu des acteurs ou les robes bouffantes des dames, toutefois le comique doit rester conforme aux mœurs américaine. Ainsi, puisqu’il est impensable de se moquer de religion, Mr Collins n’est plus un clergyman mais un bibliothécaire.
En revanche, il est bien plus acceptable de rire des normes britanniques présentes dans le roman, ce qui résulte en un renforcement des différences entre les classes sociales. Ainsi, Mr Darcy refuse de danser avec Elizabeth par qu’elle lui est inférieure socialement.

Les modifications auraient pu, à l’instar du film de Joe Wright, proposer une nouvelle lecture du roman avec sa propre esthétique. Malheureusement, cette réalisation souffre un manque de cohérence qui rend la trahison des personnages originels peu supportable.
Le regroupement des bals, déjà évoqué précédemment, donne un caractère inconstant à Mr Darcy puisque durant la même soirée, il refuse d’abord de danser avec Elizabeth pour ensuite l’inviter. De même, il lui offre son aide après la fuite de Lydia alors qu’il vient juste d’essuyer le refus de sa demande en mariage. Par ailleurs, après avoir montré son caractère revêche, Lady Catherine devient une entremetteuse, envoyée comme ambassadrice par Mr Darcy afin de juger si Elizabeth est prête à recevoir de nouveau ses sentiments. On peut également noter le désir de conclure cette comédie romantique le plus théâtralement possible avec un baiser hollywoodien.

Cependant, malgré tous ces défauts, il faut bien reconnaître que l’humour de certains passages fait mouche et certains ajouts servent plutôt bien le propos.
Par exemple, après avoir appris que Netherfield est enfin loué, Mrs Bennet et Mrs Lucas s’engagent dans une course de voitures, le but étant que la première ayant réintégré son foyer pourra annoncer la nouvelle à son mari, ce dernier gagnant une légère avance sur l’autre pour présenter sa famille au nouveau propriétaire. Ce passage illustre parfaitement la volonté des mères à vouloir marier convenablement leurs filles, mais également la propension des habitants à considérer un jeune homme célibataire comme leur possession.

Finalement, Pride and Prejudice est une adaptation qui se révèle être davantage une réécriture à l’américaine. Les valeurs de l’époque y sont ancrées afin de plaire au public, mais cette transformation dénature le roman originel. Avec un aspect bien trop théâtral, accentué par le surjeu de certains acteurs, l’histoire perd de sa saveur pour ne devenir qu’une simple comédie romantique.

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