La Folle journée ou le Mariage de Figaro – BEAUMARCHAIS

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Résumé : Figaro va se marier avec Suzanne, malheureusement plusieurs personnes, dont le Comte Almaviva cherchent à empêcher cette union.


Les plus :
L’astuce des personnages. La satire de la société de l’époque.
Les moins : Le dernier acte un peu long pour son contenu.


En bref :
Une œuvre divertissante qui réussit à être aussi bien une bonne pièce qu’une bonne suite.

Note : 3/5


Mon avis :

La Folle Journée ou le Mariage de Figaro est une comédie en cinq actes qui fait suite au Barbier de Séville. Écrite en 1778, elle ne sera jouée sur scène qu’en 1784 car, contrairement au premier volet, Beaumarchais établit là une satire de la société de son époque.

Cette pièce se déroule quelques années après les événements du Barbier de Séville. Figaro est à présent serviteur du Comte Almaviva et s’apprête à épouser Suzanne, qui est au service de Rosine devenue Comtesse. Alors que la noce se prépare, plusieurs intrigues semblent retarder la cérémonie : le Comte espère séduire Suzanne ; Marceline souhaite gagner son procès contre Figaro et l’épouser – l’homme lui devant de l’argent et ayant signé un contrat stipulant qu’en cas de non-paiement, il devra se marier avec sa créancière ; Chérubin, jeune page, est poursuivi par le Comte pour avoir conté fleurette à sa femme ; et d’autres personnages se greffe à tout cela afin de prendre parti pour l’une ou l’autre cause.

La pièce comporte beaucoup plus de ressorts comiques que le premier opus. Le nombre agrandi des protagonistes et leurs relations intriquées permettent de jouer sur les situations et les secrets.
On peut prendre l’exemple de cette scène de l’Acte I, où Chérubin discute avec Suzanne, mais le jeune homme doit s’enfuir puisque le Comte entre dans la pièce. L’issue étant impraticable sans être vu, Chérubin se dissimule donc derrière un fauteuil, mais c’est au tour du Comte de se dissimuler à l’arrivée de Bazile. Ainsi, le page se blottit dans le fauteuil couvert par une robe tandis que le Comte prend sa place précédente.
Beaucoup de scènes deviennent ainsi de véritables parties de cache-cache où chacun épie une autre personne. Le ridicule s’accentue lorsque chaque personnage réagit de la même façon, amenant la réplique indiquant qu’il y aurait de l’écho dans ces lieux. De manière générale, on sent que Beaumarchais s’amuse beaucoup à faire interagir ses personnages, ces derniers usant d’astuce et d’insolence autant que possible.

Cependant, sous le voile de l’humour, l’auteur nous livre deux éléments importants. Tout d’abord, nous retrouvons le thème de l’amour qui était présent dans la pièce précédente, mais avec une douce ironie. En effet, si Le Barbier de Séville opposait un amour jaloux à un amour pur, représentés respectivement par Bartholo et le Comte Almaviva, ce dernier est devenu ce qu’il détestait durant la conquête de Rosine en pire. L’homme est extrêmement jaloux des hommes qui fréquentent sa femme, allant jusqu’à renvoyer Chérubin et l’enrôler dans l’armée pour qu’il s’éloigne de la Comtesse. Toutefois, il n’est pas gêné de courtiser d’autres femmes, notamment Suzanne.

Beaumarchais fait donc là une critique assez acerbe du mariage, mais sa comédie est avant tout une satire de la société de son époque. En effet, en tant que seigneur, le Comte Almaviva se considère en droit de séduire Suzanne, désirant rétablir le droit de cuissage qu’il avait aboli en épousant Rosine. Par ce fait, l’auteur critique les plus hautes classes sociales d’abuser de leur pouvoir. De même, nous pouvons ressentir une attaque envers le système judiciaire avec la scène du procès qui est totalement parodique. Le juge ne fait que bredouiller, les faits sont déformés par les uns et les autres pour s’assurer la victoire. Beaumarchais ayant subi des soucis avec la justice, ce passage n’est donc pas anodin. À travers cette comédie, nous pouvons donc ressentir les graines révolutionnaires, confirmées par le monologue de Figaro dans le dernier acte.

Finalement, Le Mariage de Figaro est meilleur que le premier volet de la trilogie. Son dernier acte souffre peut-être de longueurs, mais la pièce demeure tout de même divertissante. Bien plus rythmée, son humour s’avère également plus efficace et transmet des messages qui, quelque part, résonnent encore aujourd’hui.

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