Neverwhere – NEIL GAIMAN


Titre français :
Neverwhere

Résumé : Un soir, à Londres, Richard Mayhew voit une jeune fille à l’épaule ensanglantée sur le trottoir. Il décide de la sauver, mais par cet acte de gentillesse, il se condamne par mégarde à ne plus exister pour les habitants du Londres d’en-haut. Richard va donc se rendre dans la partie inférieure de la ville dans l’espoir de trouver une solution à ce problème.

Les plus : L’univers très intriguant. Les personnages. Les petites touches d’humour propre à l’auteur.
Les moins : Certains retournements de situation un peu trop prévisibles.


En bref :
Un roman initiatique avec une identité vraiment particulière, nous transportant dans un monde inquiétant qui explore plusieurs facettes de la nature humaine.

Note :

Mon avis :

Avant d’être un livre, Neverwhere fut tout d’abord une série télévisée écrite par le même auteur, Neil Gaiman. Le roman reprend donc les six épisodes, mais introduit également des éléments qui avaient dû être abandonnés pour le support télévisuel.

Le récit met en scène Richard Mayhew, un businessman qui a dû déménager à Londres pour le travail. Un soir, alors qu’il devait se rendre à un dîner important avec sa petite amie Jessica, il aperçoit une jeune fille avec une épaule ensanglantée. Ne pouvant se résoudre à l’abandonner à son sort, Richard aide la blessée en acceptant de l’emmener chez lui plutôt qu’à l’hôpital, comme elle le souhaite.
Le lendemain, après un rétablissement miraculeux, la jeune fille – appelée Door – retourne d’où elle vient. Malheureusement, depuis son départ, Richard voit sa vie s’écrouler : il semble ne plus exister aux yeux des autres. Il décide donc de retrouver Door, pensant qu’elle est la clef du problème. C’est alors qu’il découvre un autre Londres, celui d’en-bas, peuplé de personnes très étranges.

Neverwhere possède quelque chose d’envoûtant. Bien qu’il repose sur un principe d’une grande simplicité, à savoir le fait que la ville de Londres que nous connaissons n’est que la partie visible de l’iceberg, le développement de cet univers s’avère tout à fait fascinant.
Tous les éléments ne nous sont pas expliqués en détails et de nombreux endroits ou personnages demeureront une énigme après la lecture, mais cela n’en devient jamais gênant puisque l’on sent que cet univers agit selon ses propres lois. Ainsi, peu importe que l’on ne sache jamais comment la location du Floating Market est déterminée, peu importe que l’on ne sache jamais pourquoi le Knightsbridge prend son dû à chaque passage, car ces mystères sont là pour accentuer notre désorientation et enrichir l’aspect inquiétant de ce Londres d’en-bas.
Par ailleurs, le point de vue de Richard nous permet de sympathiser automatiquement avec sa situation. Ses diverses questions et remarques sont celles de quelqu’un plutôt rationnel qui peine à croire ce qu’il voit et que le lecteur pourrait totalement avoir. Loin d’en faire un personnage d’antipathique, ce procédé engage une évolution.

En effet, d’abord peu enclin à accepter ce qui l’entoure, Richard s’habitue à l’étrangeté de ce monde et sort plus mûr des épreuves qu’il franchit. Bien qu’il soit physiquement un homme, cette métamorphose nous montre qu’il n’est jamais trop tard pour sortir de son cocon.
Ce personnage ne s’aventure pas seul dans cet univers puisqu’il est accompagné de Door, la jeune fille capable d’ouvrir n’importe quelle porte avec son pouvoir ; Hunter, une chasseuse hors-pair ; et du Marquis de Carabas, un filou qui parvient à obtenir des faveurs par marchandage. Ce groupe plutôt disparate se rend d’un endroit à l’autre pour aider Door à réaliser son objectif, chacun espérant compléter sa quête personnelle par la même occasion.
Ainsi, Neverwhere possède tous les ingrédients d’un roman initiatique, incluant des thèmes comme la recherche d’identité, la vengeance, le surpassement de soi, ainsi que la notion de bien et de mal dont les frontières se brouillent toujours plus au fil de l’histoire.

L’humour est également très présent à sa manière. On peut rire du comportement de Richard qui tente de se raccrocher à ce qu’il peut connaître lorsqu’il sent qu’il entre en terrain inconnu, mais la majorité des plaisanteries se situe dans le style d’écriture de l’auteur. En voici un exemple :

There are four simple ways for the observant to tell Mr Croup and Mr Vandemar apart: first, Mr Vandemar is two and a half heads taller than Mr Croup; second, Mr Croup has eyes of a faded, china blue, while Mr Vandermar’s eyes are brown; third, while Mr Vandemar fashioned the rings he wears on his right hand out of the skulls of four ravens, Mr Croup has no obvious jewellery; fourth, Mr Croup likes words, while Mr Vandemar is always hungry. Also, they look nothing at all alike.

Un humour très anglais, auquel est ajoutée une pointe de cynisme dans les dialogues qui raviront les amateurs du genre.

Un petit bémol peut-être concernant certains rebondissements un peu trop prévisibles, mais ce détail s’oublie assez facilement, d’autant plus que l’élément de surprise n’est pas essentiel dans ce cas pour déterminer la qualité du roman.

Finalement, Neverwhere est un livre enchanteur malgré son ambiance plutôt sombre. L’univers possède quelque chose qui rappelle certaines peurs enfouies dans notre imaginaire, tout en donnant envie de s’y plonger davantage. Le livre accomplit parfaitement son but de récit initiatique puisque la fin nous donne une sensation de soulagement, le lecteur ayant grandi tout autant que Richard.

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