Le Roi des Fauves – AURÉLIE WELLENSTEIN

Résumé : Afin de sauver leur famille et eux-même de la famine, Ivar, Kaya et Oswald décident de chasser dans les bois du Jarl Thorwalds. Les circonstances se dégradant très rapidement, les trois amis sont capturés et condamnés à devenir des berserkirs, c’est-à-dire des hommes-bêtes.

Les plus : L’univers. Des concepts intéressants.
Les moins : Les personnages un peu trop stéréotypés. Des choix d’écriture parfois maladroits.

En bref : Un roman qui s’inspire de la mythologie en y ajoutant ses propres idées intéressantes, mais qui souffre de mécanismes un peu trop simplistes.

Note :

Mon avis :

On dit qu’il ne faut jamais juger son livre à sa couverture, mais j’avoue que celle du Roi des Fauves m’a beaucoup attiré l’œil, au point que j’ai décidé de me lancer dans sa lecture, bien que je ne lise que très rarement du Young-Adult. Mais j’y reviendrai plus tard.

Le Roi des Fauves s’ouvre sur un univers médiéval assez rude. Trois jeunes amis, Ivar, Kaya, et Oswald, sont affamés, tout comme leur famille. Ils décident donc de se rendre dans les bois du Jarl voisin afin d’y chasser un peu de gibier. Malheureusement, le braconnage est sévèrement puni et le trio se fait surprendre. Les circonstances s’aggravant de plus en plus, les trois héros parviennent tout de même à se sortir du pétrin au prix d’un traumatisme.
Alors qu’ils croyaient ces événements derrière eux, la milice féminine, les Valkyries, les arrêtent afin qu’ils soient jugés. Plutôt que d’être exécutés, les trois amis sont condamnés à devenir des berserkirs, c’est-à-dire des monstres mi-hommes, mi-bêtes. La transformation devant se dérouler sous sept jours, leur seule chance est de trouver le roi des fauves, un être qui leur est apparu en rêve.

À la lecture, on comprend tout de suite que l’autrice s’inspire de la mythologie nordique. Nous pouvons reconnaître des termes comme « Valkyries », désignant les vierges guerrières au service d’Odin, ou dans un registre moins fantastique, le mot « Jarl », titre équivalent de « Comte ». Mais c’est dans la métamorphose en berserkir que l’influence se ressent le plus.
Écrit ici avec un « i », le mot peut se présenter sous la forme « berserker » ou encore « berserk ». Ce terme désigne un guerrier-fauve, « berserker » étant plutôt un guerrier-ours, même s’il englobe aujourd’hui les autres types de combattant. La mythologie nous explique que les berserkers sont animés par la fureur de l’animal avec lequel ils sont en communion, et qu’un rituel était nécessaire à la transformation. Ainsi, l’homme désirant devenir un berserker, devait tuer l’animal et boire son sang afin d’activer son pouvoir, le tout supervisé par un sorcier. À la fin d’une lutte entre son ancienne vie et sa nouvelle, le berserker obtenait la capacité de se métamorphoser en animal.
Tout cela est adapté dans Le Roi des Fauves. On y retrouve un rituel organisé par un sorcier, la fureur moteur de transformation, et même le sang aliment de pouvoir. Toutefois, Aurélie Wellenstein apporte sa touche personnelle en introduisant le « lehrling ». Ce nom désigne un ver parasite doté de magie, que l’on oblige les condamnés à ingérer afin de provoquer le processus de métamorphose. Une idée très judicieuse utilisant le concept du parasite de notre monde réel, et lorsque nous voyons comment peuvent agir des animaux ou insectes contrôlés par ces horribles bestioles, nul doute qu’une version magique s’allie parfaitement au mythe des berserkers.

Ce roman se lit vraiment très vite. Les événements s’enchaînent rapidement et chaque chapitre nous rend curieux de connaître la suite. Tout cela est bien sûr accentué par le style d’écriture plutôt fluide de l’autrice, bien que l’on sente une volonté de colorer le texte d’un brin de poésie au milieu du cauchemar que vivent les personnages.
Toutefois, ces mêmes avantages deviennent petit à petit des défauts au fil de l’histoire. En effet, la simplicité empêche le récit de trop se complexifier, ce qui est fort dommage compte tenu des idées intéressantes évoquées précédemment. De même, il est regrettable de voir des personnages stéréotypés ainsi qu’un semblant de triangle amoureux.
Ces choix peuvent se comprendre car ils sont souvent intégrés à la littérature Young-Adult, mais il serait agréable de voir un livre s’écarter de ces poncifs, surtout lorsqu’il possède un tel potentiel comme celui-ci. Malgré cela, le roman se démarque avec un discours nihiliste, et une fin qui n’est certainement pas l’heureuse que l’on attendait.

Finalement, Le Roi des Fauves est un roman qui a ses petits défauts, mais qui possède suffisamment de qualités pour que l’on peine à le refermer. L’autrice a su exploiter la mythologie nordique pour nous servir une histoire nous faisant réfléchir sur notre dualité humanité/animalité.

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