Revelation Space, Book 3: Absolution Gap – ALASTAIR REYNOLDS


Titre français :
Le Gouffre de l’absolution

Résumé : Suite à l’évacuation de Resurgam, le Nostalgia for Infinity s’est posé sur une planète inconnue, nommée Ararat par l’équipage. Malheureusement, après une vingtaine d’années, les Inhibiteurs sont à la porte des rescapés. Néanmoins, contre toute-attente, la colonie détient un atout qui pourrait être le dernier espoir de l’humanité toute entière.

Les plus : La construction de l’histoire. Les personnages. Les idées et les thèmes développés.
Les moins : Difficile de trouver des points négatifs.


En bref :
L’apothéose de la trilogie, tenant le lecteur en haleine dans un voyage toujours plus intense au cœur de cet univers.

Note :

Mon avis :

À l’image des tomes précédents, Absolution Gap se déroule selon plusieurs points de vue que l’on peut principalement regrouper en deux groupes.
D’une part, nous suivons les personnages présents sur Ararat. L’action se situe en 2675 et s’articule autour de Scorpio et Clavain –que nous avons découverts durant Redemption Ark–, mais également de Vasko, un jeune homme employé à la sécurité de la colonie. Ils sont rapidement rejoints par Khouri, qui détient des informations capitales pour la survie de l’humanité face à la menace oppressante des Inhibiteurs.
D’autre part nous suivons les personnages présents sur Hela, une lune de la planète Haldora. L’action se situe plus tardivement, en 2727, et s’articule essentiellement autour du personnage de Rashmika Els, bien que le récit nous offre parfois d’autres points de vue. La jeune fille cherche à découvrir ce qui est arrivé à son frère qui fut employé pour un travail de démolition par la religion locale.

Absolution Gap s’avère bien meilleur que Redemption Ark, et ce, pour diverses raisons.

Certains défauts notés auparavant ont été corrigés. Par exemple, la présence du lieu et de la date au début de chaque chapitre permet de mieux placer les événements, mais ceci n’est qu’un détail parmi ce qui nous est offert dans ce roman.

La construction du récit est réalisée de manière intelligente. Alternant entre différents lieux et même différentes époques, tout s’articule à la manière d’un immense puzzle où chaque événement devient une nouvelle pièce de la fresque finale. Le rythme est parfaitement dosé, sachant ralentir ou accélérer aux bons moments. Ainsi, le lecteur n’a jamais l’occasion de s’ennuyer ou de se perdre, bien trop occupé à réfléchir sur les implications de chaque information supplémentaire.

Cependant, cette structure prend réellement vie grâce aux personnages. Ils sont suffisamment nombreux pour délivrer une large diversité morale. Certains d’entre eux sont attachants, tandis que d’autres seront plutôt antipathiques, mais il est rare que les protagonistes génèrent l’indifférence. À vrai dire, Absolution Gap possède des passages profondément marquants, où les personnages deviennent bien plus que de l’encre tant leurs actions et leurs réactions impliquent le lecteur dans l’histoire. À titre personnel, je pense n’avoir jamais été aussi en colère en lisant une des scènes tant la situation me touchait. Sans aucun doute, un véritable lien se crée avec les protagonistes.

Grâce à eux, les thèmes abordés sont sublimés, donnant à ces réflexions toute leur matière.
Si Scorpio avait un potentiel peu développé dans Redemption Ark, il prend bien plus d’importance dans Absolution Gap. Subissant des préjugés liés à sa condition d’hyperpig et possédant un passé difficile avec les humains, il assure tout de même le poste de leader nécessaire au maintien de la colonie, devenant la voix de la sagesse dans des situations délicates où des vies sont en jeu. Ce personnage permet donc d’introduire des réflexions sur les différences, mais également sur l’éthique, car ce roman nous montre bien qu’être humain n’est pas une question de biologie.
Le récit offre également toute une pensée sur la religion. Celle développée sur Hela se concentre sur les disparitions furtives de la planète Haldora qui sont apparentées à des miracles. Ainsi, un véritable cortège de cathédrales mobiles et de caravanes s’est formé de façon à suivre les mouvements de la planète, pour que les observateurs ne puissent la quitter des yeux à aucun moment. Durant l’histoire, nous assistons à la construction de cette religion, constatant chaque rouage, chaque choix qui a déterminé le fondateur à emprunter cette voie plutôt que de rationaliser les événements, entraînant petit à petit les crédules dans son entreprise. Il est fascinant de voir à quel point il lui est impossible de s’écarter de sa foi tant elle est devenue le pilier de toute son existence, et que si elle se fragilise, cela signifierait qu’il a dédié sa vie à un joli mensonge.
Le roman contient de nombreuses idées, comme un développement encore plus poussé des implants Conjoiners, l’intégration de la race extraterrestre des Scuttlers, une utilisation de la théorie des cordes, et bien d’autres encore, rendant le récit et l’univers toujours plus riche.

Finalement, après un deuxième opus un peu en-dessous du premier, Alastair Reynolds nous livre ici l’apothéose de sa trilogie où il entraîne le lecteur dans un voyage inoubliable et ponctué de rebondissements. La fin divise les avis, mais elle demeure, selon moi, la meilleure façon de conclure cette histoire, s’appuyant sur une notion d’équilibre en évitant une résolution trop classique.
Nul doute que cet univers a encore beaucoup de choses à dévoiler !

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