Le Comte de Monte-Cristo – ALEXANDRE DUMAS

Résumé : France, 1815. Edmond Dantès est un jeune marin dont sa promotion de capitaine et sa belle fiancée Mercédès font des envieux. À cause d’un complot de ces jaloux, Edmond se voit arrêté et conduit au château d’If. Au fond de son cachot, le jeune homme réfléchit à sa vengeance.

Les plus : Les personnages. Les thèmes. Le déroulement de la vengeance si bien calculée.
Les moins : Certains passages un peu pompeux dans l’écriture.

En bref : Un classique indémodable qui tient le lecteur en haleine à travers son histoire si minutieusement orchestrée.

Note :

Mon avis :

Le Comte de Monte-Cristo est certainement l’œuvre la plus connue d’Alexandre Dumas. Elle nous conte l’histoire d’Edmond Dantès, un jeune marin qui voit sa vie basculer en l’espace de quelques heures. Fraîchement promu capitaine du Pharaon et sur le point de se marier avec Mercédès, la femme qu’il aime, Edmond est arrêté pour trahison bonapartiste. À cette époque, c’est-à-dire en 1815, le crime est grave, mais le jeune homme est davantage un naïf, embarqué malgré lui dans une affaire qui le dépasse, plutôt qu’un comploteur. Malheureusement, Edmond se fait enfermer au château d’If, prison de laquelle personne ne ressort. Au fond de son cachot, il passe par plusieurs stades psychologiques, jusqu’à réfléchir à son évasion et à l’emploi de sa libération, car :

[…] quand on est sorti de prison et qu’on s’appelle Edmond Dantès, on se venge.

On peut diviser le livre en deux parties : l’emprisonnement d’Edmond et sa vengeance. Cette séparation correspond également à deux moments de sa vie, puisqu’au début de l’histoire, Edmond n’a que dix-neuf ans, tandis qu’à la fin, il en a environ quarante. Deux moments qui illustrent son évolution, passant ainsi de l’ignorance au savoir, de la simplicité à la richesse, mais surtout, de l’innocence au désabusement. C’est un homme brisé que nous suivons, cherchant à se reconstruire en détruisant ses adversaires.

En cela, la vengeance est d’une minutie incroyable. Absolument rien n’est laissé au hasard, et chaque personnage est un fil de cette immense toile tissée par le comte qui n’a plus qu’à faire vibrer la bonne corde selon ses désirs. Ainsi, aucune page n’est de trop puisque chacune d’entre elle permet d’établir les différentes relations qui serviront tôt ou tard.
Ainsi, le roman possède beaucoup de personnages, mais à aucun moment le lecteur ne se sent perdu, justement parce que tout est parfaitement orchestré. Si bien, que lorsque certaines figures refont leur apparition, on devine leur identité et quel sera leur rôle à jouer avant que tout cela ne soit explicitement écrit. Bien entendu, ces intuitions ne se font que dans les grandes lignes, et tout le génie se situe dans les détails.
À ce sujet, les personnages sont une force de ce roman. Chacun possède des sentiments, des motivations, et de ce fait, aucun acte n’est vraiment gratuit, qu’il soit bon ou mauvais. De plus, leur nombre nous offre une véritable fresque de tout ce que peut-être l’humain, rendant le roman si percutant. À noter que si notre morale nous fait apprécier ou détester certains personnages, elle est remise en question par le protagoniste en personne.

En effet, on ne peut que compatir au sort d’Edmond, savourant en même temps que lui chaque rouage de sa vengeance. Pourtant, il n’est pas exempt de défaut. On peut citer son serviteur Ali qu’il a sauvé d’une décapitation, certes, mais seulement après avoir attendu qu’on lui coupe la langue. De manière générale, le comte possède le droit de vie et de mort sur les personnes à son service. Un aspect qui s’allie tout à fait à ses desseins, puisqu’en effectuant sa vengeance, il pense se substituer à la Providence, devenant donc la main de Dieu. Un état de fait que l’on est amené à remettre en question plusieurs fois, que ce soit par les paroles du comte, ses actes ou encore les imprévus sur son chemin.
Ainsi, le livre nous propose de réfléchir sur la notion de justice et ce qui en découle. Doit-on faire justice soi-même lorsque l’officielle nous a fait défaut ? Doit-on appliquer la loi du talion ? N’est-ce pas prendre le risque d’être aveuglé par la colère et la souffrance ? N’est-ce pas prendre le risque de toucher des innocents ? En outre, que reste-t-il une fois la soif de vengeance accomplie ? Comment se reconstruire après avoir œuvré à déconstruire autrui ? Est-il d’ailleurs possible de se reconstruire en travaillant à déconstruire autrui ? Le comte en tirera sa propre réponse, laissant libre au lecteur de choisir la sienne.

Finalement, malgré son contexte historique clair, Le Comte de Monte-Cristo est une œuvre intemporelle. Traitant de sentiments bien humains illustrés par une galerie de personnages fascinants, le roman offre une vraie réflexion sur la justice. On peut regretter quelques tournures de phrase un peu pompeuses, mais l’écriture n’en demeure pas moins captivante, tenant le lecteur en haleine à travers cette histoire d’une vie dont on ne peut sortir indifférent.

2 réflexions sur “Le Comte de Monte-Cristo – ALEXANDRE DUMAS

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