The Robot Series, Book 4: The Naked Sun – ISAAC ASIMOV

Titre français : Face aux feux du soleil

Résumé : Elijah Baley est appelé sur Solaria afin de résoudre un meurtre. Chose assez particulière puisque sur cette planète, les contacts humains sont rarissimes. Le Terrien doit également faire de nouveau équipe avec le robot Daneel Olivaw.

Les plus : Les idées pour la construction de Solaria.
Les moins : Un certain déséquilibre dans l’enquête.

En bref : Un roman divertissant qui nous incite à réfléchir sur les travers du genre humain dans son rapport à la technologie.

Note :

Mon avis :

Suite à la réussite de son enquête dans The Caves of Steel, Elijah Baley est appelé sur Solaria, un des Spacer Worlds, pour résoudre une affaire particulière. En effet, un homme a été assassiné, et les habitants sont persuadés que sa femme est la meurtrière. Pourtant, l’agent de sécurité affirme que c’est impossible. La raison est très simple : les Solarians n’ont quasiment aucun contact physique entre eux, préférant se voir via un dispositif holographique plutôt que d’être en la présence de quelqu’un. Un mode de vie qui s’applique également aux couples, chaque parti choisissant de vivre de son côté sans se préoccuper de l’autre.

Si le tome précédent nous faisait découvrir la Terre sous un nouveau jour, cet opus nous dépayse complètement en nous emmenant sur Solaria. Planète contenant uniquement vingt mille personnes pour deux cents millions de robots, les habitants sont devenus complètement dépendants de leurs machines, de telle sorte qu’il existe un robot pour une seule fonction (comme par exemple gérer l’appareil à communication ou servir une boisson), plutôt que d’utiliser un seul robot pour plusieurs tâches. De plus, chaque personne vit dans une immense propriété contenant de multiples pièces, chacune d’entre elles n’étant utilisée que pour une seule activité. Ajoutons à cela le fait que les Solarians n’entrent jamais en contact physique, et nous obtenons une civilisation très individualisée jusqu’à atteindre l’érémitisme.
La découverte de cette société est tout bonnement fascinante. Chaque dialogue nous plonge davantage dans cette culture étrange, et l’on passe de l’amusement à la stupéfaction en comprenant les rouages et implications de ce mode de vie. Néanmoins, comme le fait remarquer un sociologue de l’histoire, la société la plus proche de Solaria est celle de la Terre, cette dernière se repliant sur elle-même. Il est d’ailleurs intéressant de constater un parallèle entre le comportement des Solarians et l’agoraphobie d’Elijah. Étant habitué à vivre sous un dôme d’acier, celui-ci ne supporte que difficilement les espaces vides. Une peur qui l’enferme entre des murs psychologiques, à l’image des craintes des Solarians, puisque les deux ont construit ces entraves suite à leur façon de vivre.
Toutefois, si ces similarités sont déjà cohérentes dans le récit, elles sont tout autant pertinentes et destinées à notre attention si l’on étudie ce repli sous l’angle de la technologie. Compte tenu de sa place et de l’utilisation que nous en faisons de nos jours, ses conséquences peuvent se rapprocher dangereusement de l’attitude des Solarians qui n’est qu’une exagération de certains points tout en étant criante de vérité pour d’autres.

Concernant l’enquête, on peut dire qu’elle devient une véritable énigme étant donné les conditions de la planète, mais certains éléments sont tout de même facilement déchiffrables. Une fois de plus, toutes les pièces du puzzle sont présentes pour se dévoiler dans un grand final. Cependant, l’exécution demeure un peu moins satisfaisante que dans le tome précédent.
En effet, il est déjà regrettable que malgré la reformation du duo, Daneel Olivaw s’avère globalement absent de l’histoire, Elijah avançant petit à petit de son côté. Bien entendu, cette séparation apporte des détails essentiels, et de manière générale, il est bon de noter que ce roman insère une idée très importante sur le fonctionnement des robots qui change complètement la vision des Trois Lois de la robotique. Néanmoins, l’association de ces deux personnages était quelque chose de fort appréciable dans The Caves of Steel, et il aurait été agréable de retrouver une même dynamique dans cet opus.
En outre, le développement des conditions de la planète se réalise quelque peu au détriment de l’enquête. Bien entendu, les indices sont parsemés tout au long du périple d’Elijah, mais on sent tout de même que le crime se dessine un peu trop en arrière-plan. Si bien que la résolution se déroule à la façon d’une partie de Cluedo. Toutefois, aucune conclusion n’est tirée par les cheveux et le lecteur peut retracer aisément la réflexion d’Elijah en ressassant les preuves récoltées au fur et à mesure.

Finalement, malgré ses petits défauts, The Naked Sun est un roman très intéressant. Poussant ses idées jusqu’au bout, c’est donc avec curiosité que l’on observe cette société aux principes si différents des nôtres et pourtant si proches comme le laisse entendre le récit. Un discours peut-être encore plus pertinent à notre époque qu’à celle de l’écriture du livre.

Un petit mot ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.