Century Rain – ALASTAIR REYNOLDS


Titre français :
La Pluie du Siècle

Résumé : Floyd est un détective qui enquête sur un possible meurtre dans Paris en 1959, Auger est une archéologue en 2300 à qui on a confié la mission de récupérer des documents importants. Deux histoires différentes en apparence, mais qui finissent par se rejoindre.

Les plus : Les personnages. Les rebondissements. La tension présente tout au long du livre.
Les moins : Pas de défauts notables.

En bref : Un roman palpitant qui nous entraîne dans un véritable jeu de pistes dont les rouages nous font réfléchir sur le genre humain.

Note :  

Mon avis :

Century Rain nous fait suivre le destin de deux personnages, Wendell Floyd et Verity Auger.
Le premier protagoniste est un jazzman américain qui gère tant bien que mal une agence de détective, avec son ami et associé André Custine, dans un Paris de l’année 1959. Ses affaires se débloquent suite à l’appel de Monsieur Blanchard, propriétaire d’un immeuble, qui souhaite qu’une enquête soit faite sur la mort d’une de ses locataires. Contrairement aux conclusions de la police privilégiant l’accident ou le suicide, Blanchard est persuadé qu’il s’agit d’un meurtre.
Le deuxième protagoniste est une archéologue des années 2300 dont le terrain de prédilection est la Terre. La planète est devenue inhabitable suite à une catastrophe appelée « nanocaust », et continue d’être terriblement dangereuse pour quiconque s’y aventurerait. Lors d’une de ses expéditions, des complications entraînent Auger dans un procès qui pourrait mettre fin à sa carrière. Un marché lui est alors proposé pour lui éviter ce calvaire : récupérer des documents importants avant qu’ils ne tombent dans de mauvaises mains.
À première vue, ces deux histoires n’ont rien en commun, mais petit à petit, des liens se forment jusqu’à ce que les deux récits n’en fassent plus qu’un.

Century Rain est un roman intéressant à lire pour plusieurs choses.

D’une part, nous avons, bien entendu, l’action-même, tenant le lecteur en haleine jusqu’au bout. En effet, Alastair Reynolds a conçu un véritable jeu de pistes avec ce livre. Dans un premier temps, on ne peut s’empêcher de formuler des théories sur les suite des événements, découvrant au fur et à mesure chaque lien unissant les deux histoires. Puis, lorsqu’elles se rejoignent, il reste suffisamment de points d’ombre qui nous empêchent de voir la fresque finale. Ainsi, chaque chapitre nous apporte de nouvelles pièces à assembler, et ce n’est qu’après avoir tourné la dernière page que l’on peut véritablement observer le tableau dans son entier.
Tout ceci colle parfaitement avec le mystère ambiant du roman, ainsi que la tension qui l’habite. À ce sujet, le récit possède plusieurs passages qui ne manquent pas de piquants, que ce soit dans les courses-poursuites, le danger, ou encore des moments de frayeurs qui n’ont pas à rougir devant certains films d’horreur. Si on ajoute à cela des personnages attachants avec des répliques plutôt mordantes, on obtient un résultat saisissant, au point qu’à la fin de chaque chapitre, on n’a qu’une seule envie : lire le suivant.

D’autre part, le livre nous gratifie de thèmes qui ne peuvent pas nous laisser insensibles puisqu’ils trouvent leurs racines dans notre époque. En effet, Alastair Reynolds a développé un univers où s’opposent deux factions : les Slashers et les Threshers. Les premiers embrassent toute forme de technologie et en particulier la nanotechnologie, si bien qu’elle fait partie intégrante de leur corps. Les deuxièmes sont méfiants envers cela et préfèrent n’utiliser cette technologie qu’en ultime recours. Ainsi, deux points de vue s’affrontent, chacun alimenté par une approche différente de la vie : les Slashers vivent dans le moment présent, peu importe les risques possibles, tandis que les Threshers ont leur regard vers le passé, constatant ce que l’Humanité a perdu et préférant éviter le risque de répéter certaines erreurs. Ces deux extrêmes se retrouvent facilement aujourd’hui, même si notre technologie n’est pas aussi avancée que celle du roman.
Le récit aborde aussi brièvement la question du réchauffement climatique, s’attardant plutôt sur les solutions trouvées par les humains de la narration. Ainsi, l’idée n’est donc pas de débattre sur l’existence du problème (comme aujourd’hui malheureusement), mais de réfléchir sur les actions de l’Homme pour endiguer le phénomène. Ce qui nous mène à un thème universel : le facteur humain.
En effet, le nanocaust aurait pu être évité sans l’hubris de l’Homme. De même, plusieurs technologies du livre ont un but si destructeur qu’on ne peut s’empêcher de se demander ce qui aurait pu être produit si des efforts similaires avaient été investis dans quelque chose de bénéfique. En fin de compte, l’œuvre nous fait part de deux grandes facultés de l’être humain : la capacité de sa haine, pouvant mener à des pertes effroyables, mais également la capacité de son acceptation, pouvant mener à des merveilles. La complexité étant que chaque être humain possède ces deux facultés et choisit ou non de les utiliser.

Finalement, Century Rain est un roman à mettre entre toutes les mains qui aiment le mystère et la science-fiction. Alastair Reynolds nous offre une fois de plus un univers riche avec des idées fascinantes, et une fois le périple terminé, on aimerait continuer encore un peu de chemin avec ses personnages.

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