Unsong – SCOTT ALEXANDER


Titre français :
Non traduit

Résumé : Aaron Smith-Teller travaille à Unsong, une entreprise qui cherche à découvrir des Noms de Dieu pour ensuite les soumettre au coypright. En découvrant un de ces Noms par hasard, Aaron décide de le cacher et de l’utiliser pour son profit personnel.

Les plus : L’humour. La recherche linguistique et kabbalistique. Les chapitres avec Uriel et Sohu.
Les moins : Le rythme. Certains chapitres et personnages moins captivants que d’autres. Certains passages demandent des connaissances un peu pointues.

En bref : Un livre qui, malgré ses défauts, offre une lecture intelligente, drôle, ainsi qu’originale sur le thème de la religion.

Note :  

Mon avis :

Unsong est un roman feuilleton qui a été publié du 28 décembre 2015 jusqu’au 17 mai 2017. Il nous raconte l’histoire d’Aaron Smith-Teller, un employé de la société Unsong. Son travail consiste à lire des potentiels Noms de Dieu générés par un logiciel jusqu’à en trouver des véritables. Ces Noms sont ensuite soumis à un copyright afin d’éviter qu’ils soient utilisés sans contrôle. Aaron découvre alors un de ces Noms par pur hasard. Conscient qu’Unsong ne pourrait pas être capable de découvrir ce Nom sans lui, il décide donc de le garder secret et de l’utiliser pour renverser le système. Cependant, ceci n’est qu’une partie de l’histoire puisque le livre suit le parcours d’autres personnages à travers différentes époques.

Unsong est un roman très riche et on le comprend dès les premiers chapitres. L’auteur l’a construit autour du thème de la kabbale et ce sujet est exploité en profondeur, voire au-delà. Il suffit de constater la division même des chapitres et des interludes pour comprendre qu’elle a un sens particulier par rapport à ce thème. Cela en arrive à un point où certains passages deviennent un peu difficiles pour quiconque n’est pas familier avec la Bible. Bien entendu, il est possible de lire Unsong en pur néophyte, mais certaines recherches peuvent s’avérer nécessaires, sans compter les notes de l’auteur lui-même sur son blog. Néanmoins, cette richesse permet de nous offrir un récit intelligent et réfléchi.
Le roman pose plusieurs questions philosophiques, notamment sur le Bien et le Mal, et la raison de l’existence de cette dernière notion. Pour y répondre, Scott Alexander réécrit plusieurs moments de l’Histoire avec les règles de son univers, donnant donc lieu à des chapitres parfois drôles, parfois cyniques, mais toujours poussés à leur maximum d’un point de vue religieux et linguistique.
À ce propos, la langue est certainement le point le plus important du roman. Son étude est présente pour expliquer plusieurs mots selon leur grammaire, leur orthographe, leur étymologie, leur sens, afin de les relier à la kabbale ou bien pour effectuer un jeu de mot, car Unsong est rempli de jeux de mots. L’humour est quelque chose d’omniprésent dans le livre, mais sa forme majoritaire est le jeu de mot. Certains sont tellement tordus qu’ils peuvent nous passer au-dessus de la tête, mais une fois de plus, le blog de l’auteur contient des explications. En cela, Unsong est absolument intraduisible. Nous sommes loin des jeux de mots où il suffit de saisir leur sens global pour en faire une adaptation. Ici le travail linguistique derrière chaque blague fait en sorte qu’il serait impossible de fournir un équivalent dans une autre langue que l’anglais.

D’un point de vue de l’histoire, Unsong a des hauts et des bas. Clairement, certains chapitres sont plus intéressants que d’autres. Pour ma part, j’ai trouvé ceux concernant Sohu et Uriel particulièrement drôles et captivants, tandis que ceux avec Alvarez m’ont paru fades. Si on ajoute à cela le fait que les chapitres sont de tailles plutôt inégales et s’attardent sur des choses plus ou moins pertinentes à l’histoire, le rythme finit par souffrir de ces aléas.
On rencontre donc les limites d’un livre n’ayant pas été confié à un éditeur. Si l’on saisit l’importance de certains passages, d’autres semblent plus superflus. De plus, le fait qu’il s’agisse d’un roman feuilleton écrit entre 2015 et 2017 l’ancre bien trop dans cette période, si bien que d’ici quelques années, plusieurs blagues ne feront pas autant mouche.

Finalement, Unsong est une expérience plutôt intéressante. Malgré les défauts que l’on peut y trouver, Scott Alexander nous propose un récit qui ne laisse pas indifférent tant il est atypique, humoristique, et incroyablement pensé.
Enfin, je terminerai sur ces mots d’Uriel :

DO NOT BOIL A GOAT IN ITS MOTHER’S MILK

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