Les Quarante-cinq – ALEXANDRE DUMAS


Résumé :
Suite de La Dame de Monsoreau, ce livre continue de nous exposer le règne de Henri III, les complots dont il est toujours victime, ainsi que plusieurs petites sous-intrigues notamment amoureuses.

Les plus : Le style de l’auteur. Un début engageant.
Les moins : Le manque de personnages attachants. L’intrigue de la couronne sans conclusion satisfaisante.

En bref : Une suite agréable à lire mais qui laisse un goût amer dans la bouche quand on pense à son potentiel.

Note :  


Mon avis :

Les Quarante-cinq est la suite de La Dame de Monsoreau, dernier tome de la Trilogie des Valois. Dans ce roman, nous continuons de voir les difficultés du règne de Henri III, dont le trône est jalousement convoité par son frère, le duc d’Anjou, et le chef de la Ligue, le duc de Guise. Afin de protéger le roi de façon efficace, d’Épernon fait venir au Louvre quarante-cinq Gascons qui serviront de garde royale rapprochée, le nombre étant savamment étudié pour que les soldats puissent se relayer sans que Henri III ne se retrouve à découvert.
À cette intrigue principale s’ajoute des intrigues amoureuses, l’une se concentrant sur le destin d’un de ces fameux quarante-cinq, Ernauton de Carmainges, et l’autre sur la passion malheureuse d’un favori du roi, Henri du Bouchage.

Avec Les Quarante-cinq, Dumas promet de nous embarquer dans une nouvelle aventure incroyable. Le groupe étant constitué uniquement de Gascons, et vu le passé de l’auteur avec ce type de personnage, on sait immédiatement que le récit sera coloré de rivalité, de duel, et d’amitié. Malheureusement, hormis leur apparition mémorable ainsi qu’une mission importante justifiant leur existence, ces quarante-cinq ne sont finalement que très peu présents dans le roman, Dumas préférant se concentrer sur l’un d’eux, Ernauton de Carmainges.
Cependant, même de ce point de vue là, le récit déçoit. Notre Gascon est droit dans ses bottes ce qui lui vaut une certaine jalousie de la part de Sainte-Maligne, un compatriote. De plus, Ernauton finit par développer un amour interdit. Comme nous pouvons le constater, tous les ingrédients de la trilogie sont là, mais ils ne portent hélas pas leurs fruits. Cette rivalité n’aboutit à rien, tandis que les amours promettant complot et manipulation n’ont pas le temps d’être exploités avant que la fin du livre ne coupe brusquement toutes ces amorces.

Il en va de même avec le reste du roman. L’intrigue politique promet monts et merveilles avec des trahisons et des secrets de toute part, mais tout cela ne parvient pas à s’envoler, alors qu’une fois de plus, tout était fait pour nous captiver de bout en bout. On retrouvait ce cher Chicot, prêt à espionner pour le roi auprès de Henri de Navarre et de la Ligue, et nous découvrions Anne de Joyeuse devant s’occuper de la menace représentée par le frère royal. Si Chicot s’avère toujours aussi divertissant à suivre, la partie se déroulant en Flandres est un peu plus laborieuse, l’ensemble ne pouvant finalement pas offrir une conclusion tant espérée.
Il est particulièrement dommage de subir cette fin abrupte laissant croire à un prochain tome inexistant, car si l’on se renseigne sur l’Histoire de France, on se rend alors compte des pistes empruntées par Dumas. La fin devait se terminer en véritable feu d’artifice, mais son manque de substance fait plutôt l’effet d’un pétard mouillé.

Notons malgré tout un bon point concernant l’intrigue amoureuse de Henri du Bouchage. Celle-ci prend une forme assez originale comparée aux autres romances auxquelles nous a habitué l’auteur avec cette trilogie, et se permet même d’être mêlée intelligemment à l’intrigue politique. Il s’agit peut-être de la seule histoire se terminant de manière peut-être un peu précipitée, mais satisfaisante.

Outre tous ces problèmes, le style de l’auteur demeure agréable. Les chapitres défilent à grande vitesse tant l’on est curieux de voir le développement de chaque détail. Le livre manque toutefois de personnages attachants. Point de La Mole, de Coconnas, ou de Bussy. Même Chicot, pourtant délectable dans La Dame de Monsoreau, perd un peu de saveur dans ce tome. Il en va de même avec les personnages secondaires. Point de Saint-Luc par exemple, et les quarante-cinq sont bien trop effleurés pour être suffisamment consistants en guise de remplacement.

Finalement, Les Quarante-cinq est un livre qu’on ne peut que regretter de s’arrêter si vite. Une pensée bien étrange quand on sait que l’œuvre fait plus de mille pages, mais Dumas aborde tellement de choses dedans qu’il ne peut toutes les boucler. Une suite aurait donc été plus que bienvenue tant les germes d’une grande histoire sont présents sans avoir le temps de pousser convenablement.

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