The Master and Margarita – MIKHAIL BULGAKOV


Titre original :
Мастер и Маргарита

Titre français : Le Maître et Marguerite

Résumé : Une comédie noire mélangeant les histoires de Faust et de Ponce Pilate, tout en effectuant une satire de la vie soviétique durant les années 30.

Les plus : Les personnages. Les péripéties. Les thèmes.
Les moins : Des petits incohérences dues à un travail inachevé.

En bref : Un roman extraordinaire qui ne peut nous laisser indifférent, que ce soit dans son déroulement ou dans ses thèmes.

Note :  

Mon avis :

The Master and Margarita est un roman de Mikhail Bulgakov qui a subi un véritable parcours du combattant afin de voir le jour. Écrite entre 1928 et 1940 sous le régime de Staline, cette œuvre n’a pas pu être révisée avant la mort de l’auteur. Une version censurée fut malgré tout publiée dans le magazine Moskva de 1966 à 1967, mais il fallut attendre 1973 pour enfin lire ce livre dans son intégralité. Mais de quoi parle donc ce roman ?
The Master and Margarita peut être divisé en deux parties. La première nous permet de faire la connaissance de Woland et de ses acolytes, le petit groupe se faisant un malin plaisir à ruiner la vie de plusieurs habitants de Moscou, tandis que la deuxième partie se concentre sur Margarita.

À lire cette œuvre, il est évident que l’on assiste à une satire du contexte de l’époque, que ce soit d’un point de vue politique, économique, ou même social. C’est d’ailleurs à la manière d’un conte philosophique de Bulgakov nous délivre sa pensée.
Le lecteur comprend très vite que Woland est le diable, pourtant le destin des personnages qui le croisent varie selon leurs actions. En effet, seuls les êtres corrompus et prompt à la lâcheté subissent un châtiment à la hauteur de leurs fautes et vices, tandis que la bonne foi et le dévouement sont récompensés à leur juste valeur. De cette façon, on assiste à une sorte de justice poétique, rendant le diable plutôt sympathique puisque ce dernier n’est pas à la source des maux, mais travaille à l’équilibre du bien et du mal provoqués par la nature humaine. Il s’agit d’un thème imprégnant tout le récit, et qui est résumé par Woland dans cette citation :

But would you kindly ponder this question: What would your good do if evil didn’t exist, and what would the earth look like if all the shadows disappeared? After all, shadows are cast by things and people. Here is the shadow of my sword. But shadows also come from trees and living beings. Do you want to strip the earth of all trees and living things just because of your fantasy of enjoying naked light? You’re stupid.

Hormis ces réflexions sur l’étendue des capacités de la nature humaine, The Master and Margarita possède toute une méditation sur l’art, et de ce côté-là, on ressent véritablement une part autobiographique. En effet, Mikhail Bulgakov eut de nombreux problèmes avec sa profession. Subissant la censure et voyant ses confrères emprisonnés, l’auteur désirait une liberté de création, mais son combat se teinta de pessimisme. Il brûla le premier manuscrit de The Master and Margarita, pour finalement le réécrire et le réviser jusqu’à la fin de sa vie. Ce fut le soutient de sa femme Elena Shilovskaya qui lui permit de maintenir le cap, celle-ci étant à l’origine de la première publication. Des éléments qui sont fortement similaires avec l’histoire des deux personnages éponymes. C’est donc toute une lutte qui nous est racontée dans ce récit, une incapacité à produire cet art, accompagnée d’une impossibilité à renoncer à ce désir de création.
Toutefois, malgré la noirceur qui se dégage des moments comiques et dramatiques, The Master and Margarita porte un message d’espoir. On le voit dans la justice rendue, mais spécialement dans le personnage de Margarita. Figure indéniablement forte, elle est celle sans qui le monde présenté ne tournerait pas rond. D’abord enfermée dans une vie qui lui déplaît, elle brise ses chaînes et goûte à la liberté, ce qui lui permet d’influencer son entourage d’une bonne manière. Portant un amour inconditionnel envers le Maître, elle devient donc sa béquille lorsque l’homme est tenté d’abandonner. Incarnant ce que la nature humaine à de meilleur à offrir, elle obtient donc une récompense de la part de Woland. Margarita est la paix dans tout ce tumulte.

Tous ces thèmes sont déjà intéressants en soi, mais c’est la façon dont ils sont exposés qui rend le roman si fascinant. Alternant les points de vue, accumulant diverses références, The Master and Margarita donne l’impression d’entrer dans un rêve. On y retrouve des éléments de la réalité, mais certains sont modifiés et fantasmés avec un voile de fantastique. Comme le personnage de Bezdomny au début de l’œuvre, on s’étonne de voir un chat essayer de payer un ticket de tramway, mais petit à petit, on se laisse porter par la douce folie de ce récit et l’on accueille les étrangetés avec plaisir.
La plus grande d’entre elles est bien entendu les interludes concernant Ponce Pilate. Pourtant, au fil des pages, le lien de cette histoire avec le reste est limpide. Le procurateur a pour profession d’accomplir la justice, mais il est assailli de doutes et se sent écrasé par la société qui l’entoure, son esprit n’étant apaisé que par son fidèle compagnon Banga. Enfin, son récit est à l’image de l’œuvre elle-même, un mélange de la réalité et de la fiction, fusionnant les souvenirs de Woland et la création du Maître.

Finalement, The Master and Margarita est un livre fantastique, dans tous les sens du terme. À la fois touchant, pertinent, et ensorcelant, il mérite son statut de classique de la littérature russe. On peut bien sûr remarquer quelques incohérences dans la deuxième partie dues au côté inachevé du roman, mais elles ne sont pas dérangeantes. En outre, lorsque l’on constate ce qu’a pu nous offrir Bulgakov, on ne peut que rester songeur devant l’idée de ce que cette œuvre aurait pu être si l’auteur avait eu le temps de la polir selon ses souhaits.

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