Watership Down – RICHARD ADAMS


Titre français:
Les Garennes de Watership Down ou Watership Down

Résumé : Suite à une prédiction de l’un d’entre eux, un groupe de lapins entreprend un voyage pour fuir la destruction de leur foyer.

Les plus : Les péripéties. La mythologie des lapins.
Les moins : Des petites phrases par-ci par-là à la mentalité un peu datée.

En bref : Une épopée digne des exemples grecs, mais avec des lapins.

Note :  

Mon avis :

Watership Down est un roman qui possède sa petite réputation en Grande-Bretagne, ayant été adapté en film, en plusieurs séries télévisées, au théâtre et même à la radio. Pourtant, le titre s’avère plutôt méconnu en France, ce qui est assez étonnant, car le livre a des similarités avec The Animals of Farthing Wood (Les Animaux du Bois de Quat’sous).
En effet, Watership Down nous conte l’histoire d’un groupe de lapins de garenne qui, suite à la prédiction de l’un des leurs, fuit la destruction de leur foyer par l’Homme. Le lecteur découvrira donc les conséquences d’un tel voyage, accompagnant ces êtres fragiles dans leur recherche d’une nouvelle maison, bien des dangers se dressant sur leur route.

Dans l’introduction du roman, l’auteur déclare qu’il a dû essuyer plusieurs refus de la part des éditeurs, tous invoquant la même raison : le récit aurait un ton trop adulte pour des enfants, mais les plus vieux ne s’intéresseraient jamais à une histoire où les personnages sont des lapins. À mon humble avis, les enfants sont suffisamment intelligents pour comprendre ce qu’il se passe, et les plus vieux devraient apprendre à ne pas juger un livre à sa couverture. Richard Adams ne nous propose pas quelque chose de niais et mignon, mais bien une véritable épopée.

Le premier élément qui nous lance sur cette piste, c’est le personnage de Fiver. Il s’agit du lapin qui prévoit la destruction du terrier. Malheureusement, à la manière de Cassandre – une inspiration revendiquée par l’auteur lui-même – le pauvre Fiver ne parvient pas à convaincre son auditoire, à l’exception de son frère Hazel. Ce dernier devient par ailleurs le chef du groupe vagabond et pourrait s’apparenter à une figure comme Ulysse. Rusé et doté de l’autorité qu’il convient, il possède également la sagesse nécessaire pour voir plus loin que le bout de son nez. Des qualités qui lui permettront de déceler les points forts de ses compagnons et d’accomplir des actes inhabituels pour des lapins, mais fortement utiles pour leur survie.
L’histoire se déroule d’ailleurs au gré de péripéties dignes de classiques grecs. On peut noter par exemple la visite dans un terrier aux apparences idylliques, mais dissimulant un secret terrifiant, ou bien la présence de scènes de combat héroïques et de traversées aquatiques. Des éléments qui, à la manière des anciens récits, sont forts en symboliques.

L’auteur a beau expliquer que son roman n’a pas pour but d’être allégorique, certains thèmes se dégagent inévitablement de l’œuvre. Un des plus évidents est bien entendu l’impact de l’Homme sur la nature. Son côté destructeur oblige les animaux à s’adapter selon ses caprices, pourtant ses actions peuvent également être bénéfiques, que ce soit via des inventions ou une simple prise de conscience de l’environnement qui l’entoure.
Ce sujet est en lien avec l’hymne à la liberté résonnant au sein de l’histoire. Le groupe de lapins rencontrent des congénères domestiqués, l’enfermement pesant sur leur santé mentale et physique. De même, lorsque l’on découvre le terrier Efrafa avec ses règles se rapprochant de celles d’un régime totalitaire, son dirigeant est tout de suite vu comme ayant dépassé sa condition de lapin pour devenir un ennemi, et nul doute que cette évolution le rapproche davantage d’un homme que d’un lagomorphe. Ainsi, le groupe dirigé par Hazel représente cette soif et ce besoin de liberté essentiel à tout être vivant.

Bien qu’usant d’anthropomorphisme, Watership Down tente tout de même de conserver un aspect réaliste dans le comportement des personnages. Le fait que les lapins soient naturellement peureux, qu’il s’agisse d’animaux davantage nocturnes que diurnes, et bien d’autres détails. Cependant, Richard Adams se permet de jouer un peu avec les limites de ce réalisme. Il a donc créé un langage spécifique aux lagomorphes qui revient régulièrement au cours des dialogues. Par exemple, le terme « silflay » signifie « aller à la surface pour manger », « hrududu » désigne une automobile, « embleer » est un adjectif pouvant être traduit par « puanteur » et qui se réfère aux renards et aux prédateurs de manière plus générale, etc. Cette idée enrichit véritablement le récit, mais le point culminant est la mythologie inventée.
En effet, les lapins possèdent une sorte de dieu avec un héros mythique, El-ahrairah, ayant défini leur espèce à travers des aventures pleines de malice. Une façon de renforcer le lien avec l’épopée, d’autant plus qu’un lapin sert souvent de conteur, à l’image de nos traditions. La mythologie prend donc une forme de religion, le thème étant abordé avec mesure, montrant les possibles directions d’une telle pensée.

Finalement, Watership Down est un roman qu’il est bon de glisser entre toutes les mains. À l’image de L’Odyssée, on suit des personnages qui luttent contre des circonstances qui dépassent leur entendement, et dont le parcours semé d’embûches rend la fin d’autant plus gratifiante. Un sentiment amplifié par le fait qu’il s’agisse de lapins, animal naturellement faible et aux multiples prédateurs.
Le seul reproche que l’on pourrait lui formuler est la présence de petites phrases datées, transportant des stéréotypes sur certains peuples. Néanmoins, elles sont suffisamment rares pour ne pas entacher la lecture.

2 réflexions sur “Watership Down – RICHARD ADAMS

  1. J’avais bien aimé mais je trouve le récit un peu daté sur pas mal de chose (comme tu le dis à la fin mais moi ça m’a dérangée) et puis c’était trop anthropomorphe pour moi (j’ai beaucoup de mal avec ça). Autre chose, j’ai trouvé ça long et parfois je me suis ennuyée. Mais tout n’était pas mauvais non plus et je suis d’accord avec la plupart des points de ta chronique 🙂
    Kin

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