Sense and Sensibility – JANE AUSTEN


Titre français :
Raison et Sentiments

Résumé : Elinor et Marianne sont deux sœurs au caractère différent. La première est guidée par sa raison, l’autre par ses sentiments. Le roman nous raconte comment chacune approche l’amour et ses déconvenues.

Les plus : Le lien sororal.
Les moins : Les multiples longueurs, et paradoxalement, le manque de développement de certains éléments.

En bref : Un roman avec une bonne idée de départ, mais dont l’exécution n’est pas aussi agréable que prévu.

Note :  

Mon avis :

Sense and Sensibility est le premier roman paru de Jane Austen, bien qu’il fût d’abord publié de façon anonyme avant de lui être attribué.
L’autrice nous y conte l’histoire de deux sœurs, Elinor et Marianne Dashwood, la première étant plus âgée et agissant selon sa raison ainsi que les convenances sociales, tandis que la deuxième est guidée par ses sentiments et n’hésite pas à les montrer au monde entier. Le récit met en parallèle leurs différentes réactions face à un même événement, c’est-à-dire éprouver de l’amour et subir des difficultés par rapport à cela.
Bien entendu, le livre est également le terreau pour un discours sur les classes sociales, la place de l’argent dans un mariage, ainsi que divers commentaires sur la société de l’époque.

Mon expérience de lecture de Sense and Sensibility est plutôt similaire à celle d’Emma. L’idée de départ est intéressante, mais l’exécution rend le livre assez indigeste.

En effet, opposer les deux sœurs sur un même problème est fascinant, puisque leur mode de pensée nous permet de voir que chaque extrême n’est pas une solution. Elinor, respectant la mentalité de son époque, préférera intérioriser sa peine et ainsi cacher sa peine, pensant que seul son bien-être passe après le bien commun. Marianne, ayant le cœur sur le main, extériorisera sa peine au point de s’en rendre malade. Dans un cas comme dans l’autre, la réaction engendre plus de mal que voulu. En n’exprimant pas suffisamment ses désirs, Elinor se laisse écraser par sa rivale et devient régulièrement la victime de blagues à son encontre. En exprimant beaucoup trop ses désirs, Marianne se laisser gagner par le désespoir et devient victime de ses propres convictions.
Cependant, cette opposition n’en devient pas un obstacle entre elles pour autant. Même si chaque sœur ne parvient pas à saisir la façon de penser de l’autre, elles essayent malgré tout de s’aider, de compatir, de se comprendre, nous offrant ainsi un beau lien sororal.

Malheureusement, ce sont peut-être là toutes les qualités de ce roman. Ce dernier souffre particulièrement de nombreuses longueurs.
Sense and Sensibility est divisé en cinquante chapitres. Cela ne paraît pas si gênant puisque Pride and Prejudice en possède une soixantaine, mais à la lecture, on ne peut que ressentir un souci de rythme. Les chapitres sont parfois extrêmement courts, parfois longs, et parfois le découpage semble s’effectuer à un mauvais endroit, puisqu’il interrompt une action ou une pensée qui aurait méritée d’être terminée au lieu d’être continuée dans le chapitre suivant. Par ailleurs, Jane Austen s’attarde sur des éléments qui pourraient être raccourcis sans que l’on ne perde l’information clef. Est-il, par exemple, si nécessaire de passer autant de temps à décrire la maladie de Marianne, alors que si peu de temps est accordé au développement de sa relation avec le colonel Brandon ?
Ce qui m’amène à un autre problème du récit. Si l’on regrette de voir la narration s’étendre sur certains événements, elle oublie toutefois de s’appesantir sur d’autres. Il est tout de même dommage de ne voir absolument aucune ligne de dialogue direct entre Marianne et Brandon alors que leur destin se rejoint. De même, Margaret, la sœur benjamine, semble totalement superflue tant son rôle est minimal, et il en va de même pour plusieurs personnages.

Quelque part, Sense and Sensibility possède les défauts d’un premier roman. Le style de Jane Austen est déjà présent, même s’il n’a pas le même raffinement ironique que l’on connaît. On peut noter, par exemple, la présence de nombreux mots écrits en italique ou majuscule, selon l’édition, afin d’insister sur le propos voulu. L’autrice n’était peut-être pas certaine que les lecteurs comprennent les intentions de ses personnages derrière leurs paroles, et un tel procédé, si utilisé avec parcimonie, permet effectivement de souligner quelque chose d’important. Néanmoins, lorsque le discours d’un personnage en est truffé, il en ressort une certaine lourdeur.
Par ailleurs, on peut remarquer la présence d’éléments qui seront réutilisés dans Pride and Prejudice. Les déboires d’Eliza que nous conte le colonel Brandon sont terriblement similaires avec l’histoire de Georgiana Darcy. De même, le couple Palmer a des points communs avec le couple Bennet dans le caractère de chaque parti, et Willoughby semble être tout simplement un prototype de Wickham. Cela pourrait s’expliquer par le fait que l’écriture des deux romans fut rapprochée, mais de cela en résulte une certaine redondance.

Finalement, Sense and Sensibility est un roman en demi-teinte. Il souffre des problèmes d’un premier livre que ce soit dans son style ou sa narration. Une impression regrettable puisque son concept était plutôt prometteur.

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