Les Misérables – VICTOR HUGO

Résumé : Se déroulant en France durant le XIXe siècle, le livre est une véritable étude sociologique de la pauvreté qui nous est contée à travers le récit de différents personnages. L’histoire se concentre tout de même sur l’un d’entre eux, Jean Valjean, ancien bagnard condamné pour avoir volé une miche de pain qui, après une rencontre marquante, décide de devenir un meilleur homme.

Les plus : Les personnages. L’aspect social. Certains essais.
Les moins : Certaines digressions beaucoup trop longues.

En bref : Un roman dense qui parvient à capturer l’essence de ce siècle chaotique et qui nous fait passer par de fortes et diverses émotions.


Note :
 

Mon avis :

Il s’agit du premier livre de Victor Hugo que je lis en entier. J’avais tenté il y a quelques années de lire Notre-Dame de Paris, mais les longues descriptions de la ville m’avaient fait abandonner ma lecture. Je ne regrette absolument pas d’avoir retenté l’expérience avec Les Misérables car ce fut une expérience intense. Mais entrons plutôt dans le cœur du sujet, et rappelons brièvement l’histoire, bien qu’elle soit plutôt célèbre.

Les Misérables met en scène Jean Valjean, un homme qui, pour avoir volé une miche de pain, est envoyé au bagne. En sortant de prison, ce n’est plus un homme, mais un animal farouche. Pourtant, sa rencontre avec un évêque, et particulièrement la bonté de cet être humain, vont le toucher jusqu’à le transformer.
Dans son chemin pour devenir meilleur, Jean Valjean croise Fantine, une mère célibataire qui est prête à tout pour le bien de son enfant, Cosette. Le destin de celle-ci sera étroitement lié à celui de l’ancien forçat. Néanmoins, malgré ses efforts pour faire effacer l’ardoise, le passé de Jean Valjean est toujours prêt à le rattraper.
Bien le récit se concentre beaucoup sur Jean Valjean, le roman a également pour but de dresser un portrait de la misère humaine et du chaos politique et social qui engloutissait le XIXe siècle.

Les Misérables est une œuvre qui prend son temps. L’exemple le plus frappant se trouve dans ce simple fait : il faut attendre le quinzième chapitre pour qu’apparaisse le personnage principal. Toutefois, elle parvient à être captivante grâce à ses personnages et leurs aventures.
En effet, il est impossible de rester de marbre face au panel de personnages qui nous est proposé. Jean Valjean est, par exemple, quelqu’un de fascinant. Possédant des capacités que l’on peut qualifier de surhumaines, il pourrait être à l’origine de l’archétype du super-héros. Ce qui magnifie sa bonté, c’est de connaître son passé et les efforts qu’il accomplit chaque jour pour ne pas sombrer dans la facilité de ses anciens travers.
À son opposé, nous trouvons Javert, cet officier de police qui traque éternellement cet ancien bagnard. Si Jean Valjean est un être complexe et représentant la dualité de l’humain à être capable du bon comme du mauvais, Javert est quelqu’un d’inflexible, ne permettant aucune concession. De plus, si Jean Valjean est prompt à des monologues intérieurs, Javert ne se questionne jamais. Ainsi, sa droiture est aveugle, si bien que sa loi devient douteuse moralement parlant.
Autour de Jean Valjean gravitent Fantine et sa fille Cosette. La mère étant l’illustration de la naïveté, de l’innocence, et des rêves brisés par ce monde impitoyable ; tandis que l’enfant est cette même innocence qui est sauvée de justesse des griffes de l’horreur. Deux êtres purs qui ont eu le malheur d’être sur la route de deux êtres infâmes.
Le couple Thénardier, bien que peu agréable, fait partie des éléments clefs du roman. Ces deux personnages sont la misère qui préfère sombrer dans le crime, et le crime qui se justifie par la misère. Ils sont de parfaits antagonistes, pourtant certaines de leurs actions sont nécessaires au bon déroulement de l’histoire, comme si la part la plus sombre de l’humain ne peut se détaches de la meilleure.
À ce défilé, nous pouvons également ajouter Éponine et Gavroche, deux enfants de la misère, mais ayant un bon fond. Bien que les deux n’aient pas les mêmes motivations, ils sont tout de même guidés par un même sentiment, l’amour, ce qui rend leur destin d’autant plus tragique.
Il ne faudrait pas oublier Marius, autre personnage rongé par un dilemme, à savoir respecter son grand-père qui l’a élevé, ou bien respecter la mémoire de son père, les deux ayant des idées politiques très différentes. Il est aussi cette jeunesse fougueuse, raillée par les anciens, mais désireuse de bien faire et d’améliorer le monde.
Enfin, puisque la question de la politique a été soulevée, le groupe des Amis de l’ABC a également son importance. Ils sont la voix du peuple, en particulier des pauvres qui se débattent dans cette société qui les accable. D’où ce nom créé à partir d’un jeu de mots, les lettres « ABC » ressemblant au terme « abaissé ».
Tous ces personnages, et bien d’autres encore, habillent le roman de leur consistance, de leurs pensées, de leur conflits, de leur peine, de leur joie, de leur vie, ce qui confère à ce livre une réalité saisissante. C’est grâce à eux que le lecteur éprouve de nombreuses émotions et qu’il est si difficile de lâcher ce récit, car de leur réalité jaillit celle des gens de cette époque.

Les Misérables est bien entendu un roman social. Cela se ressent dans les péripéties mettant en lumière les conditions des personnages, mais beaucoup chapitres sont là pour permettre à l’auteur de donner son avis sur différentes questions.
En effet, Les Misérables est sujet à de nombreuses digressions, si bien qu’il n’est pas rare qu’un chapitre se glisse dans l’action pour nous exposer un essai sur un sujet en lien avec ce qu’il se passe. On peut noter par exemple le passage sur la prostitution, ou encore ce moment sur les insurgés abandonnés par le peuple. Toutefois, d’autres digressions prennent plus de place. C’est le cas pour les origines de l’argot, ou des gamins de Paris, mais à l’instar des autres essais, il s’agit moins de traiter ces sujets précisément que de les lier aux conditions sociales du XIXe siècle.
En revanche, il faut reconnaître que certaines digressions s’avèrent assez lourdes. Il en ira des préférences de chacun, mais j’ai trouvé les chapitres sur Waterloo et la vie du couvent plutôt difficiles à lire, contrairement à celle sur les égouts. Le fait que ces encarts puissent couper l’action ne plaident pas non plus en leur faveur. Cependant, tout ceci fait partie de l’expérience, car Victor Hugo n’avait pas seulement pour but de raconter une histoire, il avait l’intention d’écrire le roman d’une vie. Les notes témoignant de la retranscription de ce qu’il a pu voir ou vivre le confirmant.

Finalement, Les Misérables est un roman qui mérite bien son statut de classique. Sa longueur permet de nous offrir un véritable monument ancré dans la vie du XIXe siècle, dans la misère de Paris. Il s’agit d’une histoire intense, ponctuée de réflexions de l’auteur sur son époque, et malgré ses défauts, le roman nous entraîne dans son tourbillon dont l’on ressort ému et touché par cette expérience.

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