Hussite, Tome 1 : La Tour des Fous – ANDRZEJ SAPKOWSKI


Titre original :
Narrenturm

Résumé : Reinmar Von Bielau s’est amouraché d’une femme mariée. Lorsque les deux amants sont surpris par les frères du mari trompé, Reinmar se voit obligé de fuir pour conserver sa vie. Ainsi débute ses aventures, le menant malgré lui au cœur de complots et d’une guerre contre les hussites.

Les plus : L’ambiance. L’humour.
Les moins : Le personnage principal. Une exposition un peu lourde. Des facilités scénaristiques.

En bref : Un roman qui a un gros potentiel mais qui souffre de plusieurs défauts rendant la lecture moins engageante.

Note :

Mon avis :

La Tour des Fous est le premier tome de la trilogie Hussite écrite par Andrzej Sapkowski, l’auteur de la célèbre saga du Sorceleur. Bien que la trilogie possède des éléments de fantasy, il s’agit surtout d’une fiction historique se déroulant à l’époque des croisades contre les hussites.
Nous suivons Reinmar von Bielau, surnommé Reynevan, un jeune herboriste et médecin touchant quelque peu à la magie. Amoureux de la belle Adèle, une femme mariée, il brave pourtant l’interdit en devenant son amant. Par malheur, les deux tourtereaux se font surprendre par les frères du mari trompé. Reynevan se voit donc pourchassé à travers toute la Silésie, mais ses mésaventures ne s’arrêtent pas là, car persuadé de vivre une parfaite idylle avec Adèle, le jeune homme fera tout pour la retrouver. Cependant, la vie n’est pas un roman de chevalerie, et son ardeur l’entraînera malgré lui dans des complots qu’il aurait été sage d’éviter.

La Tour des Fous est un premier tome assez déroutant. Le prologue nous fait comprendre qu’il s’agit d’un roman historique, évoquant de nombreux noms célèbres, pourtant il faudra attendre de nombreux chapitres avant que le cœur historique du livre ne soit véritablement abordé. En attendant, c’est le destin de Reynevan qui nous est présenté et on ne peut pas dire qu’il s’agisse d’une histoire qui pourrait entrer dans les annales.
Reynevan est un jeune homme dont la tête est un peu trop remplie de romans de chevalerie. Il se voit tel Lancelot séparé de sa Guenièvre, et sa morale ne semble pas accepter les demi-teintes, préférant bien répartir ce qui est juste ou non. Si une telle attitude peut prêter à sourire au début de la lecture, lorsque l’on comprend que le personnage ne changera pas, et ce, peu importe les déconvenues, cela devient vite lassant.
Heureusement, Reynevan finit par être accompagné de deux autres personnages, Charley, un ancien religieux au passé trouble, et Samson, un homme plutôt étrange dont il serait dommage de révéler tous les secrets ici. À eux deux, il apportent une balance essentielle au récit. Charley est un homme cynique, fort utile au combat, et qui considère l’amitié en haute place ; quant à Samson, c’est un être plutôt sage dont l’apparence peut lui permettre de passer ironiquement inaperçu. Bien qu’ils ne parviennent pas à retirer l’idéalisme de la tête de Reynevan, leurs interactions demeurent intéressantes si ce n’est hilarantes.

En effet, un des points forts de ce tome est l’humour. Que ce soit des scènes au comique évident ou des dialogues dynamiques, Sapkowski sait divertir son lecteur. Même le romantisme désespérant de Reynevan apporte par-ci par-là des touches amusantes. Pourtant, le contexte du livre est loin d’être joyeux. Complots politiques et religieux menant à des guerres, des persécutions, en passant par de la torture, La Tour des Fous nous présente une partie peu reluisante de l’Histoire. Toutefois, ce contraste entre humour et sérieux fonctionne parfaitement, conférant au tout une ambiance captivante, à l’image du contraste entre historique et fantasy.
Il est donc dommage de voir tous ces efforts noyés par une exposition parfois trop lourde. L’auteur nous abreuve de noms, de lieux, d’allers et retours qui ont certainement pour but de se montrer fidèle à des événements de l’Histoire, mais qui ont tendance à perdre le lecteur tant la masse d’informations est imposante. Ce qui est paradoxal quand on voit que certains éléments méritant d’être plus amplement développés ne sont que survolés. La faute peut-être à un trop grand désir de mis en place, d’introduction que l’on attend d’un premier tome.
Par ailleurs, le roman se trouve parsemé de facilités scénaristiques empêchant Reynevan de se trouver véritablement en danger de mort. Cela en arrive à un point où l’on lève les yeux au ciel devant tant de coïncidences, le monde étant plutôt petit quand on considère le nombre de personnages.

Finalement, La Tour des Fous est un roman qui possède un gros potentiel, sachant manier humour et sérieux comme il se doit et possédant des personnages intéressants. Il est donc regrettable que sa lecture soit moins divertissante que prévue, la faute à un héros un peu trop agaçant et des faiblesses de narration et d’exposition.

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