Le Parfum, Histoire d’un meurtrier – PATRICK SÜSKIND


Titre original :
Das Parfum, die Geschichte eines Mörders

Résumé : L’histoire se déroule en France, au XVIIIe siècle, où l’on suit le parcours de Jean-Baptiste Grenouille, un être abominable doté d’un odorat hors du commun.

Les plus : La capacité de l’auteur à nous envahir d’un sens pourtant difficile à retranscrire en littérature.
Les moins : Un ralentissement du rythme lors du retirement de Jean-Baptiste dans la nature qui peut rebuter certains lecteurs.

En bref : Ce livre est capable de marquer profondément le lecteur, que l’impression finale soit positive ou négative, on ne peut rester indifférent face au personnage principal.

Note : 5

 

Mon avis :

Ce livre nous conte l’histoire de Jean-Baptiste Grenouille, personnage décrit dès les premières pages comme l’un des personnages les plus géniaux et les plus abominables de cette époque puisque génie et l’unique ambition se bornent à un domaine qui ne laisse point de traces dans l’histoire : au royaume évanescent des odeurs. En effet, Jean-Baptiste possède deux particularités :
– Il est pourvu d’un odorat extrêmement développé. Il est capable de sentir l’odeur la plus imperceptible et de la décortiquer. Par ailleurs, à sa naissance il découvre le monde avec son nez. De plus, il a une mémoire olfactive très puissante, pouvant se souvenir de la moindre odeur qu’il a rencontré au cours de sa vie.
– Il est dépourvu d’odeur propre. Son absence d’odeur le rend indétectable et effraie les personnes qui le côtoient.
Ces deux éléments auraient pu être sans danger si un troisième n’entrait pas en compte : Jean-Baptiste est également dépourvu de la notion du bien et du mal.
Nous suivons donc ce personnage atypique depuis sa naissance qui agit tel un parasite, aspirant juste qu’à la moindre goutte de vie ou de savoir jusqu’à laisser son hôte à un funeste destin.

Le récit nous offre un véritable panel de parfum, du plus agréable au plus ignoble. L’action se situe au XVIIIe siècle, dans une France pré-révolutionnaire où les gens gagnent leur vie à la sueur de leur front, où la propreté des rues n’est égale qu’à la vue d’un poisson éventré. L’odeur retranscrite n’est que puanteur, provocant un dégoût de l’être humain. Dégoût que ressentira Jean-Baptiste envers sa propre espèce. Cette sensation est accentuée par la violence présente tout au long de l’œuvre. Le monde est tel un animal carnassier où la seule défense est d’attaquer à son tour. Mais une lueur de beauté scintille dans toute cette horreur et c’est cela qui va déterminer Jean-Baptiste à tuer, afin de préserver cette lueur pour lui seul. Je ne sais s’il est vraiment juste de parler de lueur puisque cet univers est régit par l’odorat, mais c’est tout de même l’idée qui importe.

Ce livre est assez dérangeant dans l’idée que le héros est un anti-héros, un meurtrier. On voit les choses comme il le voit et l’on assiste impuissant à ses actes. Cependant, il nous fait ressentir beaucoup d’émotions et les lie à l’odorat, chose peu commune il faut l’avouer. Ainsi, grâce à l’odeur, nous nous retrouvons face à notre humanité, à nos désirs, notre imperfectibilité, notre égoïsme, notre monstruosité… Une ambiance assez malsaine dont on peine à détourner les yeux tant nos sens sont captivés. C’est une œuvre dont on ne peut ressortir indemne. Que l’effet soit positif ou négatif. Après l’avoir lu, vous redécouvrirez l’importance de votre organe olfactif pour le meilleur et pour le pire.

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