Récit du Vieux Royaume : Gagner la guerre – JEAN-PHILIPPE JAWORSKI

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Résumé : Une aventure guidée par un assassin qui se retrouve au cœur des intrigues du royaume.

Les plus : L’auteur prend le risque d’introduire une politique basée sur une république plutôt que sur une monarchie comme le font bon nombre de livres de fantasy.
Les moins : L’univers est riche mais l’auteur est avare en détails ce qui peut perdre le lecteur au début du récit. La fin peut frustrer et certains points sombres restent à élucider.

En bref : Gagner la guerre est un récit d’aventure avec une pointe de fantasy qui prouve que les auteurs français peuvent encore nous surprendre dans ces genres littéraires.

Note :

 

Mon avis :

Gagner la guerre fait partie de ces romans de fantasy que l’on ouvre par curiosité suite à leur résumé alléchant. Ici, on s’attend à un récit haut en couleurs avec un narrateur peut recommandable. Sur ce point, le lecteur est servi et bien plus qu’il n’en faut ! Mais ce qu’il ignore encore est qu’il tient entre ses mains un livre d’une grande richesse !

Gagner la guerre est un récit à la première personne où le narrateur est un assassin, une vraie crapule, utilisant un langage familier. Chose plutôt rare pour ce dernier détail. Cependant, familier ne veut point dire que l’écriture nous offre un déluge de grossièretés et de dégradation. Si l’anti-héros, Don Benvenuto, utilise un langage plutôt fleuri par moment, l’auteur n’en utilise pas moins un vocabulaire incroyablement riche. Autre particularité liée à la narration, le personnage principal s’adresse parfois directement au lecteur de façon plus ou moins appuyée. S’il nous apostrophe par moment via des tournures comme « votre serviteur », il nous offre également de véritables moments de réflexion visant à nous mettre en ligne de mire. Un élément qui n’est pas sans rappeler certains classiques de la littérature.

Un point noir qui pourrait rebuter certains lecteurs est l’univers où se situe les événements. En effet, au début, nous ne pouvons qu’être perdu en vue du peu d’informations dont nous disposons, l’auteur étant plutôt avare à ce sujet. C’est donc nageant dans l’inconnu que nous plongeons à pieds joints dans le livre. Cependant, au fur et à mesure, des éclaircissements apparaissent, une zone d’ombre se découvre, une conversation se déroule et voilà que certaines de nos interrogations trouvent leurs réponses. En revanche, cela reste sommaire car une fois le livre terminé, nous ne savons que très peu de choses sur les peuples, les religions, le passé qui demeure encore obscur, la magie également, mais ce mystère n’est pas gênant. Il est plutôt frustrant et stimulant.

En ce qui concerne les personnages, ils sont traités de manière excellente. Certains sont attachants, d’autres sont insupportables, mais tous ont leur importance et leur utilité propre, pouvant surprendre le lecteur. Leur personnalité est travaillée, et les liens entre eux se resserrent au milieu des complots de façon absolument délectable. Car c’est un élément majeur du roman : si la fantasy se fait un point d’honneur à utiliser la monarchie, l’auteur exploite ici une république avec des sénateurs et un système d’élection. Une originalité qui paye étant donné que les complots s’en trouvent bien plus intéressant et complexe dans un régime politique de ce genre.
Si l’aspect politique est particulièrement attrayant, l’action en elle-même n’est pas en reste puisque l’anti-héros nous délivre son lot de croisement de fer qui pimente les chapitres et les teinte de sang. La magie n’est pas utilisée à outrance et possède un prix, ce qui en limite bien entendu l’abus mais permet de ne pas glisser dans la facilité du « Chut, c’est magique ! » Elle possède certaines capacités mais ne devient pas une porte de sortie pour l’auteur. Concernant plus en détail notre narrateur, ce dernier nous fait part de ses pensées et tribulations en délectant de son ironie. Le point de vue à la première personne ne nous prive pas d’avoir un avis différent que celui de Don Benvenuto ce qui est en soi un point fort de la narration. Celle-ci ne se fait donc pas étouffante et c’est avec légèreté que nous suivons les aventures de notre assassin.

Le seul bémol se trouve à la fin du livre. Je m’attendais à un autre retournement de situation et j’avoue être restée un peu sur ma fin, mais l’univers étant suffisamment riche et encore si peu exploité, je ne doute pas que Jaworski nous offrira une autre aventure dans le Vieux Royaume.

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