Even dead things feel your love – MATHIEU GUIBÉ

Résumé : Une romance entre un vampire et une humaine.

Les plus : La bestialité du vampire est conservée et l’histoire ne tombe pas dans la niaiserie.
Les moins : Les réactions du personnage d’Abigale peuvent impatienter le lecteur.

En bref : Bien que le sujet tourne autour d’une romance, l’auteur renoue avec l’origine du mythe du vampire tout en adoptant une optique philosophique et métaphysique qui n’est pas sans rappeler les Chroniques des Vampires d’Anne Rice.

Note :

 

 

Mon avis :

Que dire sur ce livre ? Avant toute chose, un petit mot sur la couverture que je trouve sublime. Cette personne dont on ne voit pas le regard, que l’on dit être le miroir de l’âme, qui semble allongée dans un cercueil est tout à fait intrigante. Le titre semblant être dessiné à l’index, la plaque contenant le nom de l’auteur, on sent déjà que l’on pénètre dans un monde sombre. Rien n’est laissé au hasard et cet avant-goût est très plaisant, mais passons au contenu.

Ce livre nous transporte dans une autre époque. Le début se déroule en Angleterre durant l’ère victorienne et le personnage qui nous transmet en majorité le récit via son point de vue est Lord Josiah Scarcewillow, qui nous régale de son langage soutenu propre à son rang et son temps. Ceci bien sûr malgré l’évolution du monde extérieur, qui se modernise. En effet, les quatre parties qui constituent le roman permettent également des ellipses nous faisant traverser les siècles jusqu’au monde actuel. On pourrait penser que cette délicatesse linguistique est gênante, car peu habitué à ce style, mais il n’en est rien puisque l’on se fond allègrement dans le récit et dans les pensées du noble vampire. On se délecte donc de l’écriture de l’auteur qui est tout à fait charmante et nous intègre au cœur de l’histoire.

Quelle est-elle ? Josiah est un vampire qui décide de quitter Londres, devenue trop dangereuse pour son état, afin de rejoindre le domaine de ses ancêtres. Il y retrouve son fidèle majordome, Rudolf Collins qu’il a transformé jadis. Pendant que son domestique rénove la demeure pour la rendre plus habitable, Josiah se rend dans les bois de sa propriété afin de chasser. Il y rencontre Abigale Bellflower agenouillée près d’un renard ayant reçu une balle de fusil. Cette jeune fille bouleversera la vie du vampire qui réalise que le renard pourtant mort peut ressentir l’amour de cette personne.
Vous l’avez deviné, il s’agit d’une romance entre un vampire et une humaine. Je ne suis pourtant pas une adepte de la romance, mais je dois avouer que celle-ci m’a conquise. L’auteur nous dépeint un amour entre deux êtres antagonistes de bout en bout qui doivent supporter tellement d’épreuves que l’on se dit que le destin est vraiment impitoyable avec eux. Le récit nous surprend à de nombreuses reprises, avec des retournements de situations rarement heureux, et l’on partage la peine et la torture infligées aux deux amants, ainsi que les souffrances qu’ils s’infligent envers eux-même. Qu’on se le dise, cette romance est maudite. Les deux amants ne vivent pas la parfaite idylle car au moment où le bonheur s’immisce à travers une petite étincelle, cette dernière est aspirée pour ne laisser que ravage et douleur. Ainsi, on ne sombre jamais dans la facilité et la niaiserie. De même, si Josiah endure la pire des tortures et se laissera aller à un état de dépression, il conserve et développe même son animalité de vampire ce qui offre au lecteur des moments de cruauté digne de la créature de la nuit. Le gore n’est pas présent, mais cela demeure sanglant et parfois dégoûtant car on ne nous épargne pas non plus les détails par de jolies ellipses. Josiah est un prédateur et le récit nous le rappelle sans cesse.

Cependant, les personnages sont attachants. On pourrait se détourner de ce vampire qui n’hésite pas à tuer avec une once de sadisme, et pourtant les choses semblent normales sous son regard. De plus, on le voit lutter entre sa monstruosité et son humanité qu’à fait renaître Abigale, ce qui est un des points importants du roman. On assiste notamment à une réflexion sur le temps, sur cette éternité que subit Josiah qui se révèle être une malédiction alors que l’être humain cherche le moyen de vivre indéfiniment. Il y a également un rapport à la vieillesse très touchant, notamment dans le personnage de Rudolf qui est des plus touchant. Abigale représente l’humanité, la fraîcheur dans la vie devenue fade du vampire, mais elle incarne également la vie éphémère et celle qui comprend en premier lieu des choses essentielles sur l’amour qu’éprouve les deux amants. C’est un vrai délice que de voir évoluer ces personnages autour de ces problématiques qui gravitent autour de la plus forte d’entre elles : le deuil. Voir les choix des personnages, leur ressenti vis à vis de cela, c’est très intéressant.

Even Dead things feel your love est un souffle d’air frais parmi cette littérature fantastique vampirique. Ce livre allie le mythe classique à des pointes de créativité qui nous prouvent que le vampire a encore de beaux jours, ou plutôt de belles nuits devant lui !

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