La Fortune des Rougon – ÉMILE ZOLA


Résumé :
L’origine de la famille Rougon-Macquart et comment est-elle parvenue à s’imposer durant le coup d’État du 2 décembre 1851.

Les plus : Les personnages. La dualité du récit. Le style d’écriture.
Les moins : Quelques longueurs. Des éléments un peu moins acceptables sous un œil moderne.

En bref : Un roman qui joue bien son rôle d’introduction à la série, tout en parvenant à proposer sa propre intrigue.

Note :  


Mon avis :

La Fortune des Rougon se divise en deux tronçons, même si les événements ne sont pas toujours racontés de façon chronologique.
D’une part, nous suivons les origines de cette famille, où tout commence par Adélaïque Fouque. De cette femme naît Pierre Rougon, personnage sur lequel est centré ce premier roman, mais également Antoine et Ursule suite à sa liaison avec Macquart. La Fortune des Rougon prend ainsi soin de nous exposer toutes les branches qui poussent à partir de ces racines, nous dressant un véritable tableau généalogique.
D’autre part, nous voyons comment les Rougon réagissent au coup d’État du 2 décembre 1851, événement qui sépare le peuple entre les conservateurs d’un côté et les républicains de l’autre. Chaque membre de la famille décident donc de la meilleure stratégie à adopter afin de sortir de la pauvreté et grimper l’échelle sociale.

Comme indiqué précédemment tout cela n’est pas narré de manière purement chronologique. Zola nous présente d’abord deux adolescents, Silvère et Miette, finissant par rejoindre une marche d’insurgés. Ce n’est que plus tard que l’on comprend le lien du garçon avec les Rougon-Macquart et à quel point tout semble l’opposer à sa famille.
En effet, La Fortune des Rougon est empreint d’une grande dualité tout au long de son récit. On peut noter par exemple l’amour qui unit Silvère et Miette, s’opposant à la haine continuelle qu’éprouvent les Rougon entre eux. On le remarque également dans le choix des partis politiques, puisque Silvère et Miette rejoignent les insurgés déterminés à défendre la République, tandis que les Rougon préfèrent se ranger du côté des conservateurs. Finalement, le point culminant se situe avec la plus grande des oppositions, à savoir la vie et la mort.
Il est d’ailleurs intéressant de relever que malgré les différentes catégories, ce sont toujours les mêmes personnages qui triomphent, car c’est cela l’histoire de La Fortune des Rougon : le cheminement de personnages qui parviennent à leurs fins malgré leurs pires travers, écrasant les autres jugés faibles et obstruant leur réussite.

Si tout cela fonctionne aussi bien, c’est grâce au style d’écriture d’Émile Zola. L’auteur joue avec les descriptions macabres comme l’introduction nous contant la transformation du cimetière, n’hésitant pas à nous confronter aux actions ou réflexions odieuses des personnages de façon crue, mais parvenant tout de même à le faire avec une touche de poésie, complétant donc la dualité du roman à la perfection.
Petit bémol, le texte possède quelques longueurs, notamment lors de l’idylle entre Silvère et Miette, qui, malgré son aspect touchant, est clairement là pour attendrir le lecteur avant la tragédie qui l’attend. À propos de cette romance, il faut également soulever que d’un point de vue moderne, la différence d’âge entre les deux personnages s’avère un peu particulière. Enfin, la préface de l’auteur expliquant sa démarche scientifique paraît plutôt farfelue de nos jours, mais le roman n’en demeure pas moins agréable à lire.

Finalement, La Fortune des Rougon étant le premier tome d’une série, on sent cette volonté de Zola d’en faire une introduction générale à toute la saga. Ainsi, une grande partie de la généalogie de la famille est présente, mais avec une superficialité qui laisse quand même le lecteur sur sa faim. Celle-ci sera bien entendu assouvie grâce aux livres suivants. Toutefois, La Fortune des Rougon possède ses propres péripéties qui nous font bien comprendre que nous allons pénétrer dans un monde ignoble, et notre curiosité morbide en est piquée au point d’en vouloir davantage.

2 réflexions sur “La Fortune des Rougon – ÉMILE ZOLA

  1. Je ne trouve pas que ce soit le tome le plus enjaillant du cycle des Rougon-Macquart, comme toi je me souviens avoir ressenti quelques longueurs, mais au final, ce livre était aussi mon premier et m’a donné envie d’en lire d’autres, donc c’est qu’il fait très bien son taff ! ^^ Zola est vraiment un écrivain qui sait nous accrocher à son histoire, ses personnages et faire passer ses messages.

    • C’est ça !
      J’ai beau savoir que les livres peuvent se lire de manière indépendante, j’ai quand même eu envie de respecter l’ordre de parution. La lecture de ce tome m’a confortée dans cette idée car il sert vraiment d’introduction et donne envie de lire la suite. Je ne sais pas s’il conserve tout son attrait si l’on a déjà lu d’autres tomes réputés comme meilleurs.

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