Peter Pan – J. M. BARRIE


Titre original :
Peter Pan and Wendy

Résumé : Un soir, Peter Pan perd son ombre alors qu’il s’était faufilé dans la chambre d’enfant de la famille Darling. De retour pour la récupérer, Wendy lui propose de la recoudre, donnant ainsi l’idée au garçon d’emmener la jeune fille au pays Imaginaire pour qu’elle devienne la mère des enfants perdus.

Les plus : Une excellente réflexion sur l’enfance et le passage à l’âge adulte.
Les moins : La cruauté de Peter Pan.

 

En bref : En présentant un être prisonnier de son enfance tout en l’opposant à des figures d’adultes, le conte expose un véritable panel de l’être humain en dévoilant les conséquences que peuvent apporter le refus du changement. Ainsi, Peter Pan est une réflexion sur le sens de la vie et de son aboutissement.

Note : 3  

Mon avis :

Peter Pan est un personnage bien connu de tous. On parle d’ailleurs de ce syndrome pour désigner l’angoisse d’une personne à l’idée de grandir. Mais combien d’entre nous ont lu la véritable histoire ? Peter Pan est d’abord apparu dans le roman The Little Whit Bird puis dans la pièce de théâtre du même nom avant d’être le « héros » du roman Peter Pan and Wendy plus connu sous le nom de Peter Pan. Le personnage et l’œuvre ont connu bien des adaptations, que ce soit en comédie musicale, en film, en série, mais les enfants connaissent surtout l’adaptation qu’en a fait Walt Disney. Cependant, le dessin animé est bien loin de la profondeur du livre, peut-être est-ce pour cela que Walt lui-même ne s’en trouvait pas satisfait.

L’histoire est celle de la famille Darling. Le père est un grand rationaliste et la mère très attentive aux désirs de ses trois enfants, Wendy, John et Michael. La particularité des Darling est qu’il possède une chienne, Nana, comme nurse. Rien que cet élément nous fait entrer dans le registre du conte que l’animal se comporte souvent comme le ferait un humain. Elle est par ailleurs un sujet de dispute fréquent entre les parents, le père lui reprochant le moindre état de fait comme les jeux ou l’imagination des enfants. Pourtant, ce ne fut pas un fruit de l’imagination qui fit apparaître Peter Pan. Un soir, il s’introduisit par la fenêtre de la nurserie mais en s’enfuyant il perdit son ombre. Quelques jours après cet incident, M. et Mme Darling doivent se rendre à un dîner. Nana est une fois de plus un sujet de dispute et se fait enchaîner à la niche, hors de la maison. Tout obstacle étant désormais écarté, Peter se faufile de nouveau dans la nurserie avec Clochette afin de retrouver son ombre. Il réveille ainsi Wendy qui finit par lui coudre son ombre, donnant l’idée à Peter Pan de l’emmener au Pays Imaginaire afin qu’elle devienne une mère pour les enfants perdus. Ainsi, les trois enfants Darling s’envolent pour ce merveilleux pays où le temps est infini.

Les évènements présents dans le dessin animé sont plutôt fidèles à ceux contés dans le roman. On y retrouve Clochette qui cherche à faire tuer Wendy par les garçons perdus sauf qu’une flèche parvient à atteindre la pauvre enfant qui sera sauvée grâce à un dé à coudre. On y retrouve également l’enlèvement de Tiger Lily et son sauvetage par Peter en imitant la voix de Crochet. Mais chaque passage a été foncièrement édulcoré. En effet, le livre se veut bien plus sombre. Les garçons perdus n’ont pas le droit de parler de leur ancienne vie devant Peter Pan, puisque ce dernier déteste tout ce qui se rapporte aux adultes. De même, si un de ces enfants finit par grandir, il sera tué. Le Pays Imaginaire n’est donc pas un endroit entièrement idyllique.

Peter Pan représente l’enfance, l’éternelle jeunesse, mais il possède énormément de défauts. Comme déjà signalé, il peut faire preuve de grande cruauté, n’hésitant pas à tuer. Il est également très prétentieux, cherchant souvent à démontrer ses capacités. Lorsqu’il emmène Wendy, John et Michael, ces derniers vacillent et manquent de tomber à cause du sommeil qui les surprend. Peter y voit donc un jeu lui permettant de prouver son adresse en les rattrapant de justesse. Ce qui nous amène à son plus grand défaut : il est incapable d’éprouver un sentiment profond tel que la compassion ou l’amour. Il ne parvient d’ailleurs pas à les comprendre chez les autres, aussi il s’étonne pourquoi Clochette, Tiger Lily ou Wendy aimeraient être autre chose que sa mère sans savoir quoi exactement.

Quelque part, le personnage le plus proche de Peter Pan est son ennemi, le Capitaine Crochet. Ce dernier est certainement l’un être les plus construit du roman. Il représente l’adulte type, cruel dans ses décisions et purement rationnel. Il se sait mortel et craint la vue de son propre sang ainsi que la faucheuse. Cette dernière se fait sans cesse entendre par le biais du tic-tac de l’horloge avalée par le crocodile poursuivant le pirate. Crochet est conscient du temps qui passe et qui devient fatal à chacun et se doute que le jour où cette horloge s’arrêtera sera le jour où le crocodile ne pourra plus manifester sa présence à l’avance et le croquera. En tous ces points, le pirate paraît le parfait antagoniste de Peter et pourtant, leurs différences les rapprochent immanquablement. Ils sont comme le Bien et le Mal, chacun dépendant de l’autre afin d’établir un équilibre. De plus, lorsque Crochet meurt, Peter Pan prend sa place, s’habillant des mêmes vêtements et formant un crochet avec sa main droite. Par ailleurs, il ne pourra pas s’empêcher de vouloir jouer un tour aux enfants Darling en allant fermer la fenêtre de leur chambre, afin de leur faire croire que leurs parents les ont oubliés, obligeant Wendy a demeurer au Pays Imaginaire. C’est le regard plein de tristesse et de reproches de Mme Darling qui le fera changer d’avis, montrant que l’amour d’une mère pourrait aider Peter mais ce dernier est prisonnier du Pays Imaginaire, ne pouvant plus distinguer la réalité du factice.

Peter Pan est donc un conte qui cache des thématiques très matures comme le passage à l’âge adulte ainsi que la mort. Il présente les enfants comme innocents, gais mais également sans coeur puisqu’en désirant jouer au Pays Imaginaire, Wendy, John et Michael font énormément de peine à leur parents. Ceux-ci attendent pendant des jours leur retour, en regrettant leurs actes ou leurs paroles.
On peut remarquer deux chemins, chacun ayant une certaine morale. En effet, les enfants Darling ainsi que les garçons perdus adoptés par ces mêmes parents, finiront par grandir et devenir des adultes, tandis que Peter demeurera à jamais un enfant perdant la notion du temps. Ayant pourtant fait la promesse à Wendy de revenir à chaque printemps, il ne lui rendra visite que lorsqu’elle sera devenue une femme mariée. Peter prendra peur et pour substituer une mère, il se rabattra sur sa fille Jane, puis sur sa petite-fille Margaret, poursuivant ainsi un cycle sans fin, prisonnier de sa propre logique enfantine.
Le conte nous fait donc réfléchir sur le vrai sens de la vie et de son aboutissement. On ne peut lutter contre le temps, chacun avançant vers son propre avenir, mais il est inutile de se battre contre cela en refusant de grandir. Il faut accepter sa condition mais conserver une part de rêverie en soi, permettant ainsi d’équilibrer l’enfant et l’adulte que nous sommes.

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