The Robot Series, Book 3: The Caves of Steel – ISAAC ASIMOV


Titre français :
Les Cavernes d’acier

Résumé : Le détective Elijah Baley est chargé d’une affaire de meurtre un peu particulière. Un Spacien a été assassiné et les soupçons se portent sur un Terrien, ce qui risque fort de compromettre les relations déjà houleuses entre les deux peuples. Pour couronner le tout, Elijah devra faire équipe avec un robot humanoïde. Une situation qui ne l’enchante guère.

Les plus : Le puzzle de l’enquête. Les interactions entre les personnages.
Les moins : L’écriture des personnages féminins. La résolution un peu rapide.


En bref :
Un roman mêlant le genre de la science-fiction et du policier de façon très divertissante, notamment grâce aux deux protagonistes qui se complètent et reflètent bien l’univers du récit.

Note :

Mon avis :

Petite précision avant de commencer : il n’est pas obligatoire d’avoir lu I, Robot ou The Rest of the Robots pour se lancer dans The Caves of Steel. Cependant, les deux recueils mettent en place certains points de l’univers comme les Trois Lois de la robotique ainsi que la perception des robots par l’humanité, ce qui apporte un petit bagage de compréhension supplémentaire.

The Caves of Steel nous plonge dans le troisième millénaire avec une planète Terre surpeuplée où les humains vivent dans des villes gigantesques protégées par des dômes d’acier. De manière générale, les gens ne vivent pas dans un confort absolu puisque tout est rationné, depuis la nourriture et tabac consommés, jusqu’à la moindre goutte d’eau utilisée. Par ailleurs, la vie en collectivité est privilégiée. Ainsi, chaque personne est attribuée à une sorte de réfectoire, et d’autres lieux comme les toilettes ou la salle de bain sont également communaux. Tous ces éléments plutôt fastidieux peuvent s’améliorer ou s’empirer selon le niveau que possède chaque personne, la société étant divisée en plusieurs castes où chaque nouveau palier offre de nouveaux avantages.
Toutefois, les Terriens ne sont pas les seuls êtres humains dans l’univers, puisqu’il existe une cinquantaine de colonies appelées Spacer Worlds. Là-bas, la vie y est complètement différente. Chaque planète colonisée s’avère sous-peuplée, les habitants ayant un confort dont l’individualité et l’intimité sont les piliers. Histoire de compléter l’opposition, les Spaciens utilisent volontiers des robots, tandis que les Terriens voient ces machines d’un mauvais œil.
Les relations entre les deux peuples sont donc tendues et menacent de dégénérer suite au meurtre d’un Spacien, la probabilité qu’un Terrien soit à l’origine de cet acte étant élevée. Le crime ayant eu lieu dans l’avant-poste à la sortie de New York City, l’affaire tombe dans les mains d’Elijah Baley, détective terrien. Malheureusement pour lui, les Spaciens comptent bien suivre son investigation de très près en lui envoyant comme partenaire R. Daneel Olivaw. La première lettre expliquant bien entendu qu’il s’agit d’un robot.

The Caves of Steel est un roman très agréable à lire. Asimov nous plonge dans une enquête policière avec un personnage principal qui peut paraître cliché au premier abord, mais qui demeure particulièrement intéressant à suivre. Par son regard, on découvre à quoi ressemble la vie terrestre et ses acteurs, rendant la digestion de tous les éléments de mise en place bien plus naturelle.
En effet, le récit ne manque pas d’idées, que ce soit sur la gestion des villes, les moyens de transports et bien d’autres choses encore. Cependant, loin de nous assommer avec une quantité d’informations trop importante, Asimov dilue le tout grâce à son protagoniste et son partenaire, ce dernier étant le réceptacle de toute curiosité en rapport avec les coutumes de la Terre.
Globalement, The Caves of Steel se construit sur un univers plutôt riche qui permet à l’auteur de faire une critique de la société. On peut voir évidemment un discours de lutte des classes, avec une opposition de deux modèles économiques, mais également une réflexion sur le progrès et son utilisation. Néanmoins, les deux modes de vie étant poussés à leurs extrêmes, aucun d’eux n’est encensé car aucun d’eux n’est privé d’inconvénients conséquents.
En cela, Elijah Baley est un personnage fascinant puisqu’il possède certains travers propres aux Terriens, mais dont le pragmatisme permet de surpasser ses préjugés pour évoluer vers un meilleur état d’esprit. Il en va de même pour son associé Daneel Olivaw qui, par sa nature robotique, représente la froideur et la mentalité des Spaciens, mais dont la collaboration avec le détective lui apprendra des valeurs non intégrées à ses circuits. Le duo incarne donc un certain équilibre, se complétant à merveille et nous offrant des dialogues aux petits oignons.

Concernant l’aspect policier, le livre s’apparente à un Sherlock Holmes, sans pour autant souffrir des défauts que j’avais pu trouver dans les histoires de Conan Doyle. En effet, Elijah Baley est un détective qui note le moindre détail pour tenter de résoudre l’affaire dans sa tête. Aucune question n’est anodine et pourra devenir une preuve dans son argumentation. Ainsi, contrairement à son homologue anglais, Elijah Baley ne dissimule aucune information au lecteur, ce dernier pouvant suivre le cheminement de pensées qui mène le protagoniste à ses conclusions tout en ayant ses propres suspicions grâce aux pièces de puzzle parsemées au fil de l’histoire.
À noter que le détective n’est pas infaillible, la part d’instinct dans ses affirmations le rendant même sympathique et bien plus humain. Il est néanmoins dommage que la conclusion de l’enquête se forge aussi rapidement, les derniers chapitres accélérant considérablement le rythme.

Enfin, il faut tout de même évoquer un dernier bémol. Asimov montre une fois de plus que les personnages féminins ne sont pas son fort. En effet, lorsqu’elle n’exerce pas la profession de scientifique, on remarque que l’auteur a une vision peu flatteuse de la gente féminine. Ici, c’est Jessie qui en fait les frais, agissant avec une irrationalité aussi déconcertante qu’irritante.

Finalement, The Caves of Steel est un roman très divertissant. L’enquête s’avère plutôt bien ficelée, et le fond de science-fiction s’y mêle de façon plaisante. Bien entendu, le livre n’est pas exempt de défauts, mais grâce à son style d’écriture et des dialogues efficaces, Asimov nous propose une histoire qui vaut le détour.

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